Mercredi 31 mai se déroulait la soirée du Prix de l’Audace, sur le toit-terrasse du 34 avenue des Champs-Élysées à Paris, chez Sortir à Paris. Le Hub Marques & Médias d’HEC Alumni a récompensé le président de Publicis Arthur Sadoun, Simplon.co, Rossignol ou encore Banijay. Parmi les lauréats figurait également Hari&Co, un producteur de repas à base de légumineuses.  

L’audace signée HEC 2023 serait-elle de remettre au goût du jour une matière première un temps délaissée pour la remettre sur le marché ? En tee-shirt rouille parmi les costumes noirs, Emmanuel Brehier, cofondateur de Hari&Co, a tout du startuppeur dynamique. Et c’est pour son pari vertueux et son approche transverse des produits végétaux que le Club Agroalimentaire d’HEC Alumni a choisi de lui décerner son Prix de l’Audace.  

Créé en 2014 par deux ingénieurs agronomes lyonnais, Hari&Co élabore des galettes, boulettes et plats préparés à partir de légumineuses. Ces haricots, pois et autres lentilles, sur la touche depuis 50 ans font un retour apprécié dans le quotidien des Français. L’avantage de ces plantes fixatrices d’azote ? Leur culture est bénéfique pour les sols.   

Guillaume Sénéclauze, membre du jury et président de Monoprix et Naturalia, s’est montré particulièrement enthousiaste lors de son discours d’introduction : « On croit tellement à ce produit qu’on l’a référencé dans tous les magasins Monoprix et Naturalia, déclare-t-il. Aujourd’hui, on dit qu’être végétarien est à la mode, mais vous avez fait ce pari il y a huit ans de cela ! » Etde rappeler qu’à l’époque, la filière n’était pas du tout structurée en France. 

De gauche à droite : Emmanuel Brehier, Guillaume Sénéclauze, Pascal Ronfard et Florence Pradier

Une filière bio dans la Drôme

En 2021, la start-up a ouvert sa propre filière de légumineuse bio avec quinze agriculteurs, dans la Drôme, à proximité de ses sites de production. Hari&Co a également noué des partenariats avec des coopératives agricoles bio et produit désormais à grande échelle. « Il y a un potentiel d’approvisionnements dans tous les territoires, car beaucoup de gens se lancent dans la production de légumineuses », a indiqué Florence Pradier, directrice générale de la Coopération Agricole et membre du jury.   

Outre leur effort particulier pour encourager la relocalisation et accompagner la transition agricole, le Club Agroalimentaire d’HEC Alumni a été sensible aux débuts d’Hari&Co. « On s’est lancé sur un marché pas forcément très “start-up nation”, néanmoins il éduque les palais de demain, notamment grâce à la restauration collective », rappelle Emmanuel Bréhier dans son discours. « Au lieu de vouloir monter une marque en dépensant l’argent de levées de fonds considérables, ils sont allés voir les cantines autour de Lyon, salue Frédéric Milgrom (H.92), coprésident du Club Agroalimentaire. C’est l‘audace de ne pas se croire plus beau qu’on est, de prendre le temps et d’avoir la patience. »

Une génération qui montre la voie 

Devant le réseau HEC ce soir-là, Emmanuel Bréhier est venu « montrer qu’on peut être une entreprise en croissance tout en ayant des engagements forts.  Si on a créé Hari&Co, c’est pour agir face au réchauffement climatique, c’est pour convaincre un maximum de gens de manger plus végétal. Et c’est dans ce sens-là qu’on se sent audacieux. » Prochaine étape ? La conquête du marché italien.  

Sur la liste des finalistes figuraient des initiatives favorisant le développement durable comme Gaiago, leader de la revitalisation des sols à base de probiotiques, mais aussi le groupe Carrefour, Saipol (la filiale de transformation des graines oléagineuses du groupe Avril), ou encore l’union de coopératives InVivo. L’année dernière, c’est la start-up J’achète Fermier, un projet encourageant les éleveurs laitiers à produire leurs propres yaourts, qui avait été récompensée par le Club.

« Tous ces projets cherchent à apporter des réponses qui tiennent compte de la fin du monde, de la fin du mois, et des injonctions paradoxales : pas cher, mais bon, explique Frédéric Milgrom (H.92). On demande à l’agroalimentaire d’être saine, de faire du bien à la planète, de proposer des produits de qualité à un prix accessible… L’audace, aujourd’hui, c’est d’arriver à agir face à des problématiques extrêmement complexes ! »  

« C’est la quadrature du cercle !, ajoute Hubert Lange, qui co-préside également le Club Agroalimentaire. Hari&Co dépasse les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires, son succès est donc incontestable, ce qui a fini de convaincre le jury. Reste à évangéliser le marché pour accroître sa notoriété et ses ventes, et nous serions ravis que ce prix y contribue. »

 

Images : ©Hari&Co / ©Bellak de @Sortiraparis.com 

De gauche à droite: Hubert Lange, Frédéric Milgrom, Emmanuel Brehier, Pascal Ronfard, Guillaume Sénéclauze et Florence Pradier.

Published by Estel Plagué

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