Selon la revue Forbes, 70 % des start-up technologiques se soldent par un échec, mais seulement 10 % pour des raisons financières. Insuffisances au sein de l’équipe, exécution défaillante, embauches trop hâtives : les causes sont multiples. Marc Bertonèche, professeur à HEC, à Oxford et au Collège des Ingénieurs, livre six précieux conseils pour lancer son entreprise sans foncer dans le mur.

Évitez le syndrome nouveau Steve Jobs

Il faut être optimiste pour créer une entreprise. Mais la surestimation de ses capacités, l’ignorance de ses limites ou encore la confiance excessive dans des indicateurs trompeurs de succès (les vanity metrics,comme disent les Anglo-Saxons) tels qu’Instagram ou les citations dans la presse, peuvent conduire l’entrepreneur à faire une analyse erronée des retours de la clientèle et des remontées du marché, à sous-estimer la concurrence ou encore à minimiser les déficiences du produit ou service développé. Bref, se prendre pour le nouveau roi du monde et s’enfermer dans son ego est rarement salutaire.

Grandissez piano, piano

Trop de start-up s’emballent et accroissent leurs coûts fixes avant que leurs revenus ne puissent les couvrir. Elles embauchent trop rapidement, sans s’être assurées en amont de posséder une base solide en interne, une organisation bien rodée ou une véritable culture d’entreprise. Un casting précipité risque d’impacter la croissance, la rentabilité et la qualité d’exécution.

Faîtes preuve de souplesse

Que l’entrepreneur croie à son idée, c’est naturel. Mais lorsque l’environnement se modifie rapidement, comme c’est le cas actuellement avec la crise sanitaire, il ne faut pas s’entêter ni s’accrocher à une hypothèse de départ qui serait périmée ! Il faut faire preuve d’agilité pour s’adapter au nouveau contexte de marché.

Misez sur le collectif

Créer une entreprise seul, c’est difficile. Cela expose au risque de burn-out, de perte d’intérêt, de découragement… Comme disent les Anglo-Saxons, « individuals don’t build big companies, teams do » ! Pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, il est toujours préférable d’être plusieurs. Fonctionner en équipe permet de faire jouer les synergies, la complémentarité des compétences, l’émulation, l’encouragement mutuel…

Ne négligez pas les coûts irréversibles

Les sunk costs ou coûts irréversibles, c’est tout ce que le créateur de start-up a investi dans son projet, en termes d’énergie personnelle, de temps et d’argent. Et auquel il aura du mal à renoncer, même si les difficultés s’amoncellent. Or il faut savoir renoncer pour ne pas continuer à investir du bon argent sur un mauvais projet… Faire le deuil de son idée est une dure épreuve. C’est sans doute le moment de se tourner vers un conseil extérieur pour établir un diagnostic objectif de la situation.

Transformez-vous en gestionnaire… ou passez la main !

Personnalité souvent charismatique, machine à idées inspirante et visionnaire, l’entrepreneur n’a pas forcément la rigueur, la rationalité et le pragmatisme nécessaires à la gestion d’une entreprise. Lorsque vient le moment de concrétiser une idée et de la développer, il faut, le cas échéant, savoir passer le relais à un profil plus gestionnaire, tout en continuant à réfléchir à l’avenir de la société.

Marc Bertonèche - entreprise

Marc Bertonèche
Diplômé de l’IEP Paris, docteur en sciences de gestion et titulaire d’un doctorat en finance et économie de la Northwestern University à Chicago, Marc Bertonèche est Distinguished Visiting Professor à HEC. Il est l’un des fondateurs de l’Association française de finance (Affi) et a reçu de multiples distinctions pour ses travaux de recherche et ses enseignements.

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