C’était le 30 mars dernier, au siège parisien de l’association HEC Alumni. Le Club HEC We&Men dévoilait les huit nouvelles ambassadrices du prix Trajectoires. Une soirée chaleureuse et dynamique, placée sous le signe de l’entrepreneuriat féminin, qui a fait la part belle à des parcours internationaux et très diversifiés.

Depuis 17 ans, le Prix Trajectoires met en valeur les parcours de femmes HEC. « 17 ans, c’est la fin de l’adolescence, a estimé Claudia Montero, dirigeante d’Eurogroup Consulting et présidente du Club HEC We&Men en introduction. C’est le temps des transformations – et le Prix Trajectoires évolue, en s’ouvrant progressivement à l’international comme à la diversité des parcours. » Un processus déjà engagé l’année passée, puisque le Prix Trajectoires, au lieu de désigner une lauréate, est désormais décerné collégialement à plusieurs « ambassadrices », des roles models appelées à communiquer sur leur parcours. En 2025, elles étaient neuf, issues de trois secteurs d’activités où les hommes sont encore largement majoritaires : la finance, l’industrie et la tech. Fidèles dans leur engagement, quatre de ces ambassadrices 2025 étaient présentes lors de cette soirée de lancement, et l’une d’elles, Karine Rossignol (M.92), a même rejoint le bureau de Trajectoires, après cette expérience.

Investir dans la mixité 

La soirée qui présentait les huit lauréates 2026 était animée par Layina Oudrhiri (M.07), fondatrice d’Impact Founders et membre d’Hermesa, un réseau britannique de business angels qui soutient les start-up fondées ou cofondées par des femmes.

Ces huit femmes, qui exercent leur activité en France, en Angleterre ou aux États-Unis, participeront tout au long de l’année à des programmes de mentorat et de nombreux événements, organisées entre autres par l’Institut Entrepreneuriat & Innovation d’HEC Paris ou par l’association Grandes Écoles au Féminin. En faisant connaître leurs parcours au plus grand nombre, HEC We&Men entend inspirer des vocations et, plus globalement, aider les femmes désireuses de créer leur entreprise à franchir le pas.

Car devenir entrepreneur n’est pas une décision facile – et c’est encore plus compliqué pour les femmes, qui peinent à trouver des financements. « En moyenne, seulement 2% des fonds investis dans des start-up sont destinés à des entreprises gérées par des femmes, rappelle Claudia Montero. Au-delà de toute considération éthique, l’inégalité entre les hommes et les femmes a un coût pour l’économie que la Banque mondiale estime à près de 20% du PIB. « Si la mixité s’améliore, l’économie va s’améliorer », résume la présidente.

Faire bouger les lignes

L’accès au financement, mais aussi des représentations culturelles entravent l’entrepreneuriat féminin. Les femmes ont plus tendance que les hommes à s’autocensurer et à douter de la légitimité ou de la pertinence de leurs projets, comme l’a souligné Clémentine Piazza (H.08), CEO de la société de pompes funèbres Inmemori. « Souvent, quand on une femme, on est bloquée par la question : « Est-ce que je peux entreprendre ou pas ? » Ce moment de doute nous fait perdre du temps et je pense qu’il faudrait débloquer ça, parce qu’après, il y a plein de sacrées questions qui se posent, qui sont parfois compliquées, mais qui font qu’à la fin, les projets durent et qu’on prend du plaisir à les mener, même si le chemin est difficile. »

Une difficulté à se lancer dont se souvient aussi Claire Renoulin (E.24), qui raconte qu’au début du EMBA à HEC, elle faisait partie des quelques-uns qui n’envisageaient pas de créer une entreprise. « Mais c’est à HEC que j’ai rencontré mon associé, avec qui nous avons créé Carbonway, une petite entreprise qui développe un procédé de capture du carbone. C’est une activité alignée avec mes valeurs, et depuis que j’ai cofondé cette société, c’est beaucoup plus agréable de se lever le matin pour aller au travail. »
Mirabelle Lamoureux (M.21), CEO de Keep, qui reconditionne du matériel informatique pour les entreprises, se souvent, elle aussi, que le déclic ne s’est pas fait tout de suite. « Je suis sortie d’HEC avec un Master spécialisé media à récréation, et honnêtement, je m’imaginais pas du tout entrepreneure. D’autres ambassadrices ont aussi confié ce soir que, plus tôt dans leur parcours, elles ne se seraient pas imaginées à cette place-là. »

« C’est pour ça que j’ai envie de m’engager dans un programme comme Trajectoires, reprend Mirabelle, pour transmettre et pour donner cette envie. Mais aussi pour faire bouger les lignes parce que je ne trouve pas ça normal d’entrer encore dans une réunion avec des investisseurs et de s’entendre dire que mon premier 1 millions, je ferais mieux de l’épouser que d’essayer de le gagner. Voilà, je pense que c’est important de mener ce combat et je suis très heureuse et honorée d’être entourée de femmes qui portent cette même ambition. »

Surmonter les obstacles du financement et de la détermination : un défi pour les femmes entrepreneures et un thème qui sera largement abordé et discuter par les ambassadrices au cours de l’année.

 Une dynamique à l’œuvre

Pour conclure la soirée, les huit ambassadrices se sont présentées chacune leur tour avec franchise et humour. Six d’entre elles connectées en visioconférence se sont adressées à la salle depuis un grand écran face au public.  La tonalité naturelle et bienveillante, ainsi que la grande énergie qui s’est dégagée du groupe, laissent présager une année de rencontres d’initiatives enrichissantes.

 

• Portraits des huit ambassadrices 2026

Claire Renoulin (E.24)

CARBONWAY

Alexia de Bernardy-Sigoyer (M.97)

IMPACTUS

Yosra Jarraya (H.12)

ASTRAN

Clémentine Piazza (H.08)

INMEMORI

Mirabelle Lamoureux (M.21)

KEEEP

Rachel Liu (H.00)

HUMAN TEMPO

Petra Freddi (H.06)

MILKEN INSTITUTE (UK)

Marie-Barbe Girard (H.96)

SUNTRIA / HAPPINESS FACTORY / FRENCH MORNING (USA)

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