Chaque année depuis 1999, les Mercure HEC Awards récompensent les meilleurs entrepreneurs de la communauté HEC. Les alumni peuvent voter pour désigner leur favori parmi les 36 membres sélectionnés. Cette édition 2023 prend une ampleur internationale, avec des nominés répartis entre sept géographique : France, Europe, Afrique, Asie du Sud et Asie Centrale, Moyen Orient, Asie de l’Est et Pacific, et enfin Amérique du Nord. À l’ère de la cryptomonnaie, on y vote en investissant sur les candidats avec une monnaie virtuelle créée pour l’occasion. Mais sur quoi vient-on miser exactement ? Le président et co-fondateur des Mercures, Jean-Christophe Myon (H.86), revient sur l’essence du prix.

HEC Stories : Vous parlez beaucoup des « valeurs de la marque HEC », qu’elle sont-elles ? Qu’est-ce qui vous intéresse chez un entrepreneur ?

Jean-Christophe Myon : La première valeur, c’est l’excellence. Ensuite, la créativité, l’originalité, la pertinence de l’entrepreneur qui sait créer quelque chose de nouveau, saisir la bonne tendance ou installer un produit qui n’est pas très original mais au bon moment. Il y a également une forme de générosité qui doit exister, pour moi, dans l’entrepreneur. J’ai fait la formation HEC-Entrepreneurs avec Robert Papin il y a de nombreuses années, et c’est quelque chose qui se disait toujours dans les modes de sélection. Il faut qu’il y ait de l’ambition, mais si on ne répond que sur la base financière, c’est un peu limitatif. On récompense parfois un entrepreneur qui a levé le plus d’argent. Mais parfois le succès n’est pas là et il s’écroule deux ans plus tard. En revanche, celui qui créé des emplois, celui qui a le plus d’impact sur un métier, sur notre société se distingue des autres.  Aussi, il y a une part importante de risque dans l’entreprenariat. Comme on dit souvent, c’est avoir la tête dans les étoiles et les pieds dans la glaise. C’est pour moi la très bonne définition d’un entrepreneur.

HEC Stories : Les entrepreneurs ont-ils été sélectionnés sur des critères relevant de l’impact environnemental ?

Jean-Christophe Myon : C’est un vrai débat que l’on a eu avec toute l’équipe qui dirige et développe les Mercures. C’est un sujet bien entendu fondamental, qui fait partie des éléments clés de l’École. Mais il y a tellement de formes d’entreprenariat que l’on se doit de représenter tous les entrepreneurs. On veut être capable de rencontrer ceux qui ont développé des activités formidables sur des secteurs plus traditionnels, où ils ont créé beaucoup d’emplois. C’est honorable et ça représente aussi l’excellence HEC. L’exemple du portefeuille des nominés africains est intéressant. Il y a trois start-ups, des gens qui sont dans la microfinance, dans la tech, ainsi qu’un promoteur immobilier. C’est ce que j’appelle un entrepreneur traditionnel. Il n’est pas dans une logique de start-up. Aujourd’hui, on assimile trop l’entrepreneur avec le start-uppeur. Bien entendu, ils sont très importants et développent l’esprit d’entreprise dans la communauté de manière incroyable. Mais il n’y a pas qu’eux. Les repreneurs sont très importants aussi. En Inde, par exemple, un nominé a repris une entreprise familiale. C’est aussi un entrepreneur, parce qu’il développe son entreprise.

HEC Stories : Les Mercures ont-t-il évolués depuis leur création ?

Jean-Christophe Myon : Quand nous avons créé les Mercures, il existait déjà le prix HEC de l’année, mais il récompensait un grand dirigeant. L’environnement n’était pas du tout le même. Nous avions la volonté de mettre en avant un mode de développement de sa carrière professionnelle qui n’était alors pas privilégiée. Lorsque j’étais sur le campus, en 1986, nous étions regardés comme des gens un peu bizarres. Maintenant, c’est la majeure dans laquelle on veut aller. Aujourd’hui, dans les valeurs clés que s’est donné l’École, dans les axes stratégiques de développement, il y a l’impact, mais il y a aussi l’entreprenariat. Cette vitrine est donc essentielle pour alimenter cette dimension. Dans le cadre des Mercures, quand je vois la réussite de Frédéric Jousset, de Pierre Kosciusko-Morizet, et plein d’autres gens que je pourrais citer… Ce sont des entrepreneurs HEC. Ça prouve que, quelque part, leur formation les a mené au plus haut.

 

Vous avez jusqu’au 24 avril pour choisir les gagnants du prix.

Published by La rédaction

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