Shoyo, qu’est-ce que c’est ?

L’analogie la plus simple pour comprendre son fonctionnement, c’est celle du passeport. En France, quand on veut investir dans un produit financier, il faut montrer patte blanche, ce sont les règles imposées par l’AMF. En déclinant son identité civile d’abord (par l’envoi d’une carte d’identité recto verso numérisée, et d’un second justificatif ), puis en renseignant son identité financière, via un questionnaire détaillant votre patrimoine, mais aussi votre connaissance des placements financiers et vos objectifs… À chaque fois qu’on voudra investir sur une nouvelle plateforme, il faudra remplir un nouveau questionnaire, ce qui est assez contraignant. Shoyo simplifie ces démarches en consignant votre identité financière dans un passeport numérique sécurisé par une blockchain. La plateforme sur laquelle vous investissez reçoit automatiquement toutes les informations dont elle a besoin. Et si certaines parties du questionnaire qu’on vous soumet diffèrent d’un site à l’autre, Shoyo adapte de lui-même les réponses grâce à un algorithme dédié.

C’est un gain de temps, comme Google connect ou Facebook connect ?

C’est effectivement le principe du « bouton Google » : se débarrasser du côté répétitif et fastidieux des inscriptions multiples. Mais le véritable avantage, au-delà du temps gagné, c’est que ce système permet de décorréler la phase « renseignement de son profil » de l’envie d’investir. Beaucoup d’investisseurs potentiels finissent par renoncer à leur projet parce qu’au moment de conclure, ils se retrouvent confrontés à cet obstacle de l’authentification. Avec Shoyo, on aura pris le temps de remplir son profil au moment qui nous convient le mieux… Plus besoin ensuite de s’en préoccuper.

On comprend l’intérêt pour un investisseur particulier, mais pour une entreprise ?

Chez Happy Capital, une grande partie de notre travail consiste à enjoindre les internautes à venir voir les projets pour lesquels nous levons des fonds en crowdfunding, et à s’y intéresser de près, jusqu’à avoir envie d’y investir leur argent. C’est un crève-cœur, quand après tout ce chemin parcouru, un utilisateur finit par renoncer, parce qu’il n’a pas le courage de passer sous les fourches caudines de l’authentification financière. Shoyo résout au moins ce problème… ce qui se traduit, très concrètement, par un meilleur taux de transformation !

Y a-t-il des fonctionnalités qui resteraient à améliorer ?

Pour l’instant, Shoyo ne fonctionne pas sur mobile. Même si on a plutôt tendance à utiliser son ordinateur pour investir, une version smartphone pourrait être un plus. Autre bémol : pour que ce système soit intéressant, il faut qu’il soit accepté sinon partout, au moins sur le plus de plateformes possible. Or Shoyo n’a pas encore atteint la masse critique d’utilisateurs qui le rendrait vraiment performant. Mais ça devrait venir !

Antoine Dubas (H.05)
Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en informatique à l’École polytechnique fédérale de Lausanne et diplômé d’HEC Paris, il a travaillé dans le conseil et le contrôle de gestion, avant de devenir directeur du développement de la plateforme de crowdfunding Happy Capital en 2017. Il a également participé au développement de la solution Shoyo

Avec un format inédit pour un magazine d’alumni, HEC Stories se donne pour ambition de mettre en lumière une communauté de diplômés diverse et internationale. Véritable porte-voix des HEC qui cherchent à avoir un impact positif sur le monde, ce magazine permet également à tous de conserver facilement un lien avec l’école et ses camarades : soutenez le magazine de votre école, abonnez-vous à partir de 40 euros par an.