La start-up Zephalto prévoit d’envoyer des touristes dans la stratosphère grâce à un ballon d’hélium. Une solution bas-carbone qui contraste avec les autres projets de tourisme spatial… et promet un moment de poésie contemplative.

Vingt-sept kilos de CO2. Voilà la consommation carbone du vol stratosphérique en ballon que proposera dès 2024 la start-up Zephalto, selon sa directrice générale Amicie Monclar (H.16). Un chiffre qui détonne avec les géants du secteur comme Blue Origin, SpaceX ou Virgin Galactic, pour lesquels l’empreinte carbone d’un vol dans l’espace est estimée entre 500 et 1 000 t de CO2, soit la consommation d’un Terrien en… cinq cents ans. « C’est ce constat qui m’a poussée à offrir une solution durable, confie la directrice de l’entreprise héraultaise fondée en 2017 par un ancien contrôleur aérien, Vincent Farret d’Astiès. Le tourisme spatial se développe à vitesse grand V et, dans sa configuration actuelle, son activité risque d’avoir un impact massif sur le changement climatique. En proposant un voyage bas-carbone, nous montrons qu’un autre type de tourisme est possible. »

Pour réussir cette prouesse, Amicie et Vincent se sont appuyés sur deux atouts français : les savoir-faire du CNES, l’agence spatiale française, qui envoie des ballons dans la stratosphère depuis soixante ans, et l’industrie du luxe, capable de toucher les clients visés par ce type de voyage. L’entreprise compte 22 salariés et, dans moins de deux ans, les ballons de Zephalto s’élèveront dans la stratosphère, à 25 km d’altitude, avec à leur bord six passagers et deux pilotes pour un voyage de six heures dans une cabine pressurisée de 20 m².

Un ticket à 120 000 euros

Prix du billet : 120 000 € par personne. « Il s’agit d’une offre ultraluxe, pour des particuliers alliant sens de l’aventure et attention à leur responsabilité, confie la diplômée, qui a déjà reçu une dizaine de précommandes. Selon la banque Cowen, 40 % des personnes qui ont plus de 5 millions de dollars de patrimoine seraient prêtes à dépenser cette somme pour vivre une aventure spatiale. » L’expérience promet d’être inoubliable : la vision de l’arrondi de la Terre, des continents cernés par la mer, du halo bleu qui ceinture la planète… « On est dans la sphère de l’onirique, du poétique, du rêve d’enfant, s’enthousiasme Amicie. On revient totalement changé d’une telle expérience. » Et la start-up voit plus loin encore : après les premiers vols, elle concevra un régulateur d’altitude permettant de voler plus longtemps et ambitionne, à terme, de fabriquer plusieurs dizaines de ballons pour des voyages aux confins du ciel depuis les quatre coins du monde.

 

Published by La rédaction

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