Vanessa Lamorre-Cargill (E.16) n’entend pas tout à fait comme la plupart d’entre nous. Mais elle a transformé ce qui aurait pu être un désavantage en la grande chance de sa vie. La conversation pourra-t-elle avoir lieu sans interprète ? Faudra-t-il apprendre la langue des signes en urgence ? Sera-t-il nécessaire de parler fort en articulant exagérément ? Voici les questions que se posent les interlocuteurs de Vanessa Lamorre-Cargill, malentendante de naissance, avant de la rencontrer. Installée dans un café du quartier de l’Étoile par un matin de printemps, elle balaie ces interrogations d’un revers de la main et déclare, d’emblée :  » Mon handicap n’est pas un sujet.  » C’est pourtant bien de cela qu’il sera question au cours d’un long échange fluide, émouvant et chaleureux. Ou plus précisément, des techniques qu’elle a élaborées, dès le plus jeune âge, pour que sa surdité ne constitue pas un obstacle à sa scolarité, ni à son parcours professionnel. Son CV remarquable en atteste l’efficacité ! Dès les premières minutes de la conversation; on oublie totalement que celle qui est assise en face de nous lit sur nos lèvres. Au point que nous terminons certaines phrases en plongeant bêtement le nez dans notre sac pour attraper un stylo, ou en tournant la tête pour faire signe à un serveur à l’autre bout de la pièce. Pourtant, cela ne perturbe en rien la discussion. « On développe des stratégies de suppléance mentale. On comble les trous pour comprendre le sens de la phrase. Un […]

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