Pour aider les personnes précaires à retrouver le chemin de l’emploi, Les copains de Bastien vont fabriquer et vendre du chocolat en plein cœur de Paris. Rencontre avec un entrepreneur qui fait une entreprise à mission pleine de cacao.

Qui ? 

D’abord, il y a Bastien, 8 ans cette année, qui demande un jour à son père pourquoi des gens dorment dans la rue ? Et lui suggère : « pourquoi tu ne leur donnerais pas un travail à mes copains des rues ? ». Le papa, Stéphane Pétillon (M.17 ), aura le déclic lors du premier confinement : « à force de passer du temps dans ma cuisine, en novice, j’ai réalisé à quel point fabriquer de ses mains des gourmandises à partager permet de reprendre confiance et d’être fier de soi » Après vingt ans d’expérience dans les systèmes d’information et une rencontre avec le chef chocolatier Arnaud Normand, dit Arno, Stéphane lance son entreprise solidaire, qu’il appelle Les Copains de Bastien 

Quoi ? 

Cette chocolaterie « bean to bar » (« de la fève à la tablette », un concept importé de Californie) a pour mission de favoriser l’insertion des personnes éloignées de l’emploi. Installée au 90 rue du Maubeuge dans le Xè arrondissement de Paris, elle accueille à la fois un atelier de production vitré, qui permet de voir les apprentis chocolatiers à l’œuvre, une boutique et un salon de thé. L’entreprise se donne aussi pour mission de former et d’accompagner les employés dans leurs démarches. Pour Stéphane Pétillon, il y a une double gratification dans ce projet : « Travailler un produit « noble » comme le chocolat et faire partie d’une aventure appelée à se développer ». 

Comment ?  

Une campagne de financement participatif sur mymoneyhelp a mis le projet sur les rails, lui permettant notamment d’investir dans un torréfacteur. 50 % de la production est réalisée sur place. La boutique, qui doit ouvrir courant juin, a également noué des partenariats avec les confitures Rebelle (élaborées avec des fruits retirés des circuits de distribution) et les cafés Joyeux (autre entreprise solidaire). Le réseau LinkedOut, dédié aux chercheurs d’emploi qui n’ont ni le réseau ni le parcours idoine, est partie prenante de l’aventure. Le pari de Stéphane ? « S’il y a de la passion et du plaisir dans l’activité, cela sera plus facile pour les gens de poursuivre dans ce secteur par la suite ». Il envisage de recruter deux à trois personnes avant la fin de l’année et, d’ici à trois ans, d’ouvrir cinq autres boutiques à Paris et en Ile de France.  

 

Published by La rédaction

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