Des bancs d’HEC aux mondes de l’urban fantasy, il n’y a parfois qu’un pas… ou un souvenir à retrouver. Devenue plume freelance spécialisée dans la tech et la science, cette diplômée raconte comment ses explorations professionnelles et ses obsessions personnelles ont nourri son premier roman, Mœdium, où la fiction s’empare des mystères de la mémoire et des imaginaires de la technologie.

Où vont les souvenirs que l’on oublie ?

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous vous rappelez parfaitement les manies de votre co-douche que vous n’avez pas revu depuis votre diplôme, mais pas le taux de rendement moyen des actions du Nasdaq entre 2000 et 2010 ?

Non ?

Soit vous avez une excellente mémoire, soit vous n’avez pas de temps à perdre en conjectures.

Mais si les mystères de la mémoire vous intriguent autant que moi, sachez que les neurosciences n’ont pas encore tranché sur l’origine et le destin de nos souvenirs. Il est probable que les connexions neuronales qui les « encodent » soient « effacées » pour laisser place à d’autres, ou alors que les souvenirs soient toujours là, mais inaccessibles.

Une réponse à l’image de la science : prudente, non définitive, tout de même vertigineuse.

J’ai voulu proposer une autre réponse, avec l’aide de la fiction.

Juin 2014 : je viens de passer une année scolaire sur le campus de Jouy-en-Josas, dans le cadre du double master avec Sciences Po Paris. Je n’ai pas une vision très claire de mon avenir professionnel, et ça m’angoisse pas mal.

L’écriture, ce n’est pas un métier. Alors, même si HEC proposait une académie en écriture créative, l’idée de m’y inscrire ne m’effleure pas. Je fais plutôt une académie en agence de communication, ça sera plus utile « pour la suite ».

La suite prend la forme d’un premier poste de chargée de communication au sein du festival Futur en Seine, d’un deuxième auprès du studio de l’artiste contemporain Fabrice Hyber, et d’un troisième en tant que project manager pour Google Arts & Culture. Pas de quatrième poste : je suis depuis 2021 plume freelance spécialisée sur les sujets tech et science.

C’est à ce moment que j’ai commencé à travailler sur le manuscrit de mon premier roman, Mœdium, paru début 2026 aux éditions Mnémos.

Un roman qui mêle mes obsessions (tech, mémoire, amitiés) et mon expérience personnelle (du deuil aussi bien que du monde du travail). Je le vois comme une continuation logique de mes explorations professionnelles, sans la limite de ce détail fâcheux auquel on se cogne trop souvent : la réalité.

Si j’ai fait des recherches sur le fonctionnement de la mémoire, citant au passage certaines théories neuroscientifiques, le fantastique m’a permis de tirer des idées à leur point le plus extrême. Je me suis offert le plaisir de créer une mythologie… tout en titillant le monde des start-ups.

Je n’ai pas participé aux ateliers d’écriture créative, mais j’ai bien suivi en cours de marketing le mardi matin (j’espère que le professeur a oublié que je finissais mon petit-déjeuner au fond de la salle). Et j’ai appliqué certains principes marketing dans ma recherche de maison d’édition. À la sortie du roman, j’ai été étonnée de lire qu’il s’agissait d’un texte d’urban fantasy, un genre dont j’ignorais l’existence.

À HEC, j’ai également rencontré des étudiantes qui sont devenues mes amies et qui sont accessoirement des autrices publiées, dont les conseils et le soutien m’ont été précieux lors des deux ans passés à envoyer le manuscrit de boîte mail anonyme en formulaire automatisé.

Je serais heureuse que cette publication sur le site d’HEC Alumni donne lieu à de nouveaux échanges avec des autrices et auteurs du réseau. Si vous écrivez, faites-moi signe (sur LinkedIn, via mon site, ou même en réponse à ma newsletter).

On verra si l’on trouve ensemble où disparaissent les souvenirs.

 

Crédit photo : Amélie Guinet 2025

 

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