Depuis toujours j’ai rêvé de voler. L’accès à la troisième dimension, la beauté du ciel, des paysages, le pilotage d’une machine complexe. Aussi loin que je me souvienne, je ne me voyais nulle part ailleurs qu’aux côtés des nuages.

Adolescent, c’est tout naturellement que j’ai commencé à prendre des cours d’aviation. Je me souviens, c’était sur un Cessna 150 à l’aéroport de Rouen-Boos.

Parallèlement, aux côtés de mon ami d’enfance Thomas, je développais un goût pour l’entreprise, pour l’innovation, pour la création, pour le monde du business.

Je me rappelle d’un jeu vidéo sur lequel était inscrit « groupe HEC ». H.E.C, trois lettres qui depuis, m’ont toujours fait rêver. Nous étions à l’affût du magazine « Capital » et des articles parlant de l’école.

Les classements des grandes écoles de commerce, le monde de l’entreprise se conjuguaient ainsi avec ma passion pour l’aéronautique. Thomas fera plus tard l’EMLYON Business School et une brillante carrière chez Accenture.

De mon côté j’embrassais des études scientifiques. Baccalauréat puis une formation d’ingénieur à l’IPSA (Institut polytechnique des sciences avancées) complétée par l’obtention d’un Mastère Spécialisé en exploitation aéronautique et gestion du trafic aérien à l’ENAC (Ecole nationale de l’aviation civile).

Après l’obtention de mon diplôme, j’intègre Dassault Falcon Service sur l’aéroport du Bourget comme Responsable de la Qualité en charge de la compagnie aérienne et de la partie navigabilité du centre de maintenance.

Mon rêve de devenir Pilote de ligne n’est pas abandonné pour autant.

Parallèlement, je passe le concours de la CAE Sabena Flight Academy à Bruxelles que je réussi et intègre en septembre 2009.

Pendant deux ans je vais apprendre mon métier en Belgique et en Arizona. Le souvenir du désert américain est à jamais gravés dans mon esprit. La poésie des paysages et l’humilité qu’elle impose.

Jeune pilote professionnel, je commence ma carrière dans l’aviation d’affaires sur Cessna Citation Jet. J’y resterai quatre ans. Là aussi, les mondes de l’aviation et du business coïncident…

Durant cette période, je participerai à la création et co-dirigerai ENAC Alumni, l’association des diplômés de l’ENAC à Toulouse. Egalement, j’approfondirai mes connaissances sur le monde de l’entreprise à travers des MOOCs (Massive Online Open Courses) dont un en leadership proposé par HEC et qui me donnera l’occasion de faire mon premier don à la Fondation de l’école.

Mon goût pour la vie associative ne s’arrête pas. Après ENAC Alumni, je serai deux ans Ambassadeur de la Fondation UVSQ (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines) future membre de Paris-Saclay, où se situe le campus principal de notre école.

En décembre 2016 je me réoriente vers l’aviation de ligne en acceptant le poste d’Officier Pilote de ligne Airbus A320 chez Wizz Air, une low cost basée à Budapest (Hongrie). J’y resterai deux ans, utilisant en parallèle ma formation d’ingénieur qui me permet d’intégrer l’équipe de gestion des menaces et des risques.

Durant l’été 2018, l’accès au long-courrier s’offre à moi. La compagnie Norwegian me recrute pour piloter des Boeing 787 au départ de Paris vers les Etats Unis.

Moi qui ai toujours aimé l’Amérique, ce poste me donne une grande satisfaction.

Malheureusement la COVID arrive et nous nous retrouvons d’abord en chômage partiel, puis à subir la fermeture du secteur long-courrier de la compagnie.

Pendant toutes ces années j’ai gardé contact avec HEC, allant pratiquement tous les ans à la soirée annuelle de la Fondation.

En 2017 Peter Todd, alors directeur de l’école, annonce la création d’un « Master online dédié à l’innovation et à l’entrepreneuriat en partenariat avec Coursera ». Je me rappelle m’être dit « c’est pour moi ».

Dès lors j’ai tenté de réunir les bonnes conditions pour postuler. La crise sanitaire m’a beaucoup aidé. Les pilotes étaient au sol, avec des perspectives d’emploi réduites. Il y a donc eu un alignement des planètes.

J’ai ainsi déposé ma candidature pour la Cohort 9 du MSIE, dont la rentrée était fixée au 13 décembre 2021. J’ai eu la chance d’être accepté et de commencer ma formation au sein de l’Executive Master of Science in Innovation & Entrepreneurship de l’école.

J’ai adoré ces 18 mois. Je me souviens m’être dit que c’était même mieux que ce que j’imaginais. Aux côtés de mes camarades Hans et Carla, j’ai eu le plaisir d’être délégué de promo.

La qualité des cours, les interactions avec les professeurs, notamment Marc Beretta et Etienne Krieger, l’équipe administrative (Johanne, Cheryl, Claudia, etc) sont des souvenirs à jamais gravé dans ma mémoire. Je reste très lié à notre école à travers la Fondation HEC ou encore en étant désormais le représentant à vie de ma Cohort auprès d’HEC Alumni.

Après l’obtention du diplôme, je ne souhaitais pas arrêter de voler pour autant. J’ai donc postulé en compagnie aérienne et décroché un emploi de Pilote de ligne sur Airbus A320.

Voler est ma passion mais je ne souhaitais pas faire HEC juste pour faire HEC. De manière identique après ma formation d’ingénieur, je souhaitais mettre en pratique mes connaissances et participer à un projet concret.

Grâce à mon diplôme HEC, j’ai été recruté par l’entreprise Jet Solidaire, créée en mars 2015 par Sébastien Dequenne qui l’a dirige toujours aujourd’hui, en tant que Directeur du développement.

Jet Solidaire est un broker d’aviation d’affaires. Autrement dit nous vendons des vols d’aviation d’affaires. Quelque soit l’endroit sur la planète où se trouve le client, peu importe le type d’aéronef souhaité, nous nous efforçons de lui apporter le service le plus personnalisé et qualitatif possible.

Mais pas seulement.

Ce qui m’a séduit dans cette entreprise c’est également son caractère social.

Elle propose à ses clients de choisir les appareils les moins polluants, de compenser leurs émissions de CO2 et de s’associer librement à des projets venant en aide aux plus fragiles.

Jet Solidaire organise également des vols solidaires pour encourager la réinsertion sociale de personnes aux parcours de vie difficiles.

Conjuguer les différences, faire cohabiter les disparités pour rendre ce monde meilleur à l’aide d’un outil qui me passionne, l’avion, tout cela est source de motivation pour moi.

Ce n’est que le début de l’aventure. Je souhaite développer Jet Solidaire, en faire une entreprise globale, encore plus axée sur la personnalisation et l’efficacité pour le client, accentuer nos actions sociales et sociétales, et bien entendu participer à la décarbonisation de l’aéronautique qui est en marche.

En 100 ans, depuis le premier vol de Clément Ader jusqu’à aujourd’hui, l’aéronautique a su innover, créer pour transporter en toute sécurité des passagers et du fret n’importe où sur la planète. Les 100 prochaines années vont être passionnantes !

Nicolas Tenoux.

Published by La rédaction

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