Au Maroc, des chercheurs bénévoles ont mis au point un masque avec capteurs pour améliorer la lutte contre le coronavirus.

« Quand le confinement a été mis en place au Maroc en mars, nous aussi, chercheurs, nous sommes retrouvés à la maison, pendant que les soignants étaient au front, se souvient Mouhsine Lakhdissi, coordinateur du projet Midad*. Comment aider dans ce combat si exceptionnel, ne serait-ce que pour tenter de sauver une vie ? » Ce questionnement a soudé un groupe de huit scientifiques bénévoles, qui ont travaillé en visioconférence, soirs et week-ends, jusqu’à inventer ce masque primé au concours Hacking Covid19 (HEC).

A partir du souffle des patients qui le portent, et grâce à des capteurs de température, d’humidité, de pression ou de taux d’oxygène, il permet de déceler des insuffisances respiratoires et symptômes tels que des toux sèches ou éternuements. Avec le Bluetooth pour faire remonter ces données, auxquelles s’ajoutent un questionnaire sur mobile, cette solution pose un premier diagnostic ou assure un suivi médical à distance. Tout en détectant le comportement de l’individu vis-à-vis de la distanciation sociale, du confinement ou du déconfinement.

Pour l’instant**, il existe deux prototypes Midad : un en impression 3D, lavable et réutilisable, un autre qui utilise un masque existant (FFP2). « L’application doit être lancée très prochainement, après autorisation de l’équivalent de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) au Maroc », annonce le Pr. Lakhdissi. Le masque pourrait être commercialisé à 20 euros, ou moins, les inventeurs ne cherchant aucun profit.

* Midad pour « masque intelligent de détection à distance » du Covid-19.

**Au moment de la rédaction de l’article, début mai 2020.