Le témoignage d’Olivier Cabrera (H.13)

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En avril 2020, HEC Stories a proposé aux alumni de partager leur expérience du confinement. Voici le témoignage envoyé par Olivier.

Covivre. À en croire les études et les articles qui pullulent sur la Toile, le Covid 19 s’attaquerait aussi bien aux cellules de l’organisme humain qu’aux cellules familiales et sentimentales… Disputes, séparations, incompréhensions, violences. Un agent sacrément pathogène pour des liens qui apparaissaient pour-tant extrêmement solides. Les chiffres sont aussi effrayants qu’incomplets. Mais il est des réalités et des unions qui échappent à ce processus destructeur programmé et annoncé. La vie n’obéit pas toujours aux statistiques et aux processus de rationalisation… Cette issue n’est en rien inéluctable.La maladie d’amour ne triomphe pas forcément du Covid, mais peut réduire son pouvoir de nuisance psychologique et sentimental. À l’heure du confine-ment, certains couples naissants ont fait le choix de traverser cette période à durée indéterminée ensemble. Un test. Mais pas un test sérologique, un test « heurologique ». Ces deux âmes sont-elles bien faites l’une pour l’autre, capables d’être heureuses ensemble, jour après jour, même dans ce contexte où tout inciterait au défaitisme et à l’anxiété ? Si elles, réussissent ce test, alors ce sera peut-être le plus beau des symboles… Celui que ce confinement temporaire et à durée indéterminée confiera à leur amour un prolongement infini… pour covivre ensemble… Et au vide de deux solitudes passées suc-cédera une unité, un vaccin contre la morosité… qui survivra bien au-delà de cette tragique pandémie…

Plus d’un mois après le début du confinement, une chose est sûre : le résultat de ce test « heurologique » est 100% positif, me concernant. Nous concernant. Rire, soutien mutuel, jeux, complicités, apprentissages réciproques, conseils, écoute… Autant d’armes immunitaires qu’il est en notre pouvoir d’utiliser contre l’effondrement de nos repères. Elles n’éclipseront pas les douleurs que nous connaissons et que nous connaîtrons, certes, nous deux comme nous tous. Mais si ce témoignage personnel peut offrir un fragment de lumière, aussi éphémère soit-il, ou apporter un regard différent sur cette période op-pressante, je ne regretterai pas d’avoir osé le proposer… Et comme il paraît qu’il faut apprendre à oser.