Le mot d’Émile Louapre (H.53)

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Dans une société passionnée par l’égalitarisme, les privilèges du mérite sont plus durement ressentis que ceux de la nature… Qu’on soit beau, ou bien fils de riche, c’est certes un mauvais point, mais… on n’y peut rien et donc cela entraîne des circonstances atténuantes. En revanche, que l’on ait un statut supérieur, grâce aux grandes écoles, acquis à force de travail et de sacrifices, fait ressentir cruellement aux autres leur incapacité d’en avoir fait autant. Les gens qui réussissent par leur travail et leur mérite vivent entourés de la jalousie et de la haine démocratique… Aussi essaie-t-on de trouver un moyen acceptable d’organiser des canaux spéciaux permettant à certains élèves d’entrer dans les grandes écoles sans passer par le concours, éventuellement en le supprimant. Or le mérite essentiel des grandes écoles est la sélection par le concours, et une grande école sans le concours serait un passage clouté sans les clous ! On voudrait le prestige sans l’effort, le beurre et l’argent du beurre, la femme ivre et la gourde pleine !