Je n’avais pas prévu de devenir entrepreneure. J’associais ce mot à un univers flou de précarité, de croissance effrénée et de levées de fonds mirobolantes. Durant mes années à HEC, j’observais les futurs créateurs d’entreprise en me demandant ce qui pouvait bien les motiver à se lancer là-dedans. Jusqu’à l’année dernière, je n’avais même pas ressenti l’envie d’être indépendante. Et le projet de vivre de ma plume, né après la publication de mon premier roman en 2019, ne visait qu’un avenir lointain. Puis 2020 est arrivée. Préparez un cocktail de bullshit job à haute pression et faible autonomie, ajoutez-y une louche de remise en question, des projets de départ à l’étranger annoncés-reportés-annulés, une formation, une démission, un confinement, un reconfinement, et vous obtiendrez une microentreprise lancée presque par hasard. Le domaine : celui de l’accompagnement littéraire, à mille lieues de la rénovation énergétique ou du conseil en organisation que j’avais connus jusque-là.

L’objectif : aider les auteurs qui se lancent dans l’écriture d’un roman, et qui se rendent compte que l’exercice est plus ardu que prévu. Comment construire une histoire pour donner envie de la lire ? Comment travailler son style, créer des personnages convaincants ? Les moyens : de l’analyse, des méthodes, des avis bienveillants (mais francs). Du conseil, finalement ! On ne se refait pas. Ce virus de l’entrepreneuriat m’a prise en quelques semaines et ne m’a pas quittée depuis. D’un côté, le vertige de l’inconnu, le syndrome de l’imposteur, la peur de l’échec. De l’autre, le plaisir grisant de partir de zéro, de pouvoir apprendre sans arrêt et de construire quelque chose qui me rende fière et qui m’éclate. Et finalement, c’est un entrepreneuriat bien différent de celui que j’avais imaginé. Pas de Station F, pas d’associé, pas d’apparition dans Challenges, mais d’abord un immense terrain vague à défricher. Avec quels clients ai-je envie de travailler ? De quoi ont-ils besoin ? Comment puis-je le leur apporter ? Quelle stratégie mettre en place, quel marketing, quel branding, comment se former ? Comment trouver mes premiers clients, que faire de leurs témoignages, comment les fidéliser ?Je ne suis qu’au tout début du chemin et j’ai encore des choses à apprendre, en tant que romancière comme en tant qu’entrepreneure. Mais je pense avoir pris la bonne direction. Pour la première fois de ma vie, je me lève le matin avec plaisir et j’adore le lundi.

Pour en savoir plus : http://lastreetlaplume.fr/

Published by La rédaction

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