La crise de la Covid-19 a démontré qu’il était préférable de privilégier les circuits courts de distribution, et de réduire les déplacements lorsque cela est possible… C’est le cœur de métier d’ANEP depuis 40 ans. Éclairage d’Etienne Fattal (M.82), président d’ANEP.

Comment faites-vous le lien entre le monde des télécoms et celui de l’ascenseur ?

En regroupant des experts de ces deux mondes ! Chacun de ces spécialistes est doté d’une solide connaissance des contraintes du marché des ascenseurs ou de celui des télécoms et de l’informatique. Cela nous permet de proposer des solutions innovantes d’un point de vue télécommunication et adaptées aux contraintes des métiers de l’ascensoriste (contraintes qui sont nombreuses : financières, facilité et temps d’installation, exigence normative…).

En parallèle, vous souhaitez soutenir l’activité de l’industrie française, et respecter l’environnement par un circuit court de distribution.

La société ANEP a, depuis sa création en 1979, décidé de fabriquer en France. À la reprise d’ANEP en 2007, nous avons confirmé notre décision de travailler avec un sous-traitant français situé en Haute Loire, devenu au fil des années un acteur majeur de l’électronique en France. La fiabilité a été un des moteurs de cette décision : grâce à ce sous-traitant, nous avons pu améliorer la qualité de nos produits tout en triplant la cadence dans le respect de l’environnement.Le fait de privilégier un circuit court nous a aussi permis de nous approvisionner sans difficultés pendant la crise de la Covid-19. Si nous avions eu recours à un sous-traitant étranger, nous aurions difficilement pu maintenir nos activités, du fait du fort ralentissement des transports maritimes et aériens.

La situation actuelle vous a-t-elle amené à proposer des solutions innovantes ?

La situation actuelle n’a fait que renforcer nos convictions et nos choix.La réduction, voire l’élimination des déplacements inutiles, est de nature à augmenter la valeur ajoutée de nos clients ascensoristes. Aujourd’hui, la réalité sanitaire ne fait que rejoindre la réalité économique. Au-delà d’alerter à distance la présence en cabine d’un usager bloqué, notre cœur de métier consiste à anticiper les pannes à l’aide de capteurs prédictifs. Nos dispositifs de télésurveillance permettent de contrôler à distance l’ensemble des composants électroniques de l’ascenseur, et de cibler les pièces à remplacer avant même la survenance de panne.Deux applications mobiles sur lesquelles ANEP a beaucoup investi, permettent une restitution de l’information adaptée à l’itinérance des techniciens ascensoristes. Ceux-ci peuvent désormais effectuer depuis leur smartphone un certain nombre de diagnostics et de programmation à distance.

Etienne Fattal (M.82) a débuté sa carrière dans la banque avant de rejoindre le domaine de la distribution informatique. Après une expérience dans les énergies renouvelables, il rachète en 2007 la société ANEP en LBO avec des associés et des partenaires financiers. En 2018, avec sept collègues, il réalise un MBO.

ANEP est une PME créée en 1979, certifiée ISO 9001:2015, spécialisée dans les télécommunications pour ascenseurs. Elle génère un chiffre d’affaires supérieur à 8 millions d’euros et emploie 37 personnes, dont 14 techniciens installateurs répartis sur le territoire.

Published by La rédaction

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