Le nom dit quelque chose, mais souvent rien de précis… en Afrique ? Mais où exactement ? L’Abyssinie que nous fûmes seize à parcourir est la partie historique de l’Éthiopie qui a vu se développer le royaume de la Reine de Saba dont le fils qu’elle a eu avec Salomon a rapporté à Axoum l’Arche d’Alliance et où se sont situées les différentes capitales du royaume d’Éthiopie (Lalibela, Gondar, Debré Tabor…) jusqu’à ce que Ménélik fonde Addis Abeba en 1885.

Nous fûmes seize à parcourir les routes et les pistes de cette partie montagneuse du pays. 2 300 km ont mis un peu à mal les dos de certains, mais les paysages magnifiques ont vite fait oublier les ornières. Notre itinéraire en partant d’Addis Abeba nous a menés, par la route, à Bahar Dar sur les bords du lac Tana, d’où sort le Nil Bleu, à Gondar capitale au XVIIe, puis après avoir traversé le massif du Simien à Axoum. D’Axoum par une longue route parcourue en plusieurs jours, nous avons rejoint Lalibela et par avion la capitale.

Mais l’Abyssinie c’est surtout là où s’est implantée et développée la religion éthiopienne, proche des orthodoxes, mais depuis 1959 autocéphale. Le royaume d’Axoum est devenu chrétien au IIIe siècle et les fidèles ont multiplié les églises sous toutes leurs formes (troglodytes, rondes, rectangulaires), parfois perchées dans des lieux quasiment inaccessibles.

Nous en avons visité que 27, mais toutes aussi belles les unes que les autres, même si elles sont très différentes et nous avons évidemment terminé notre périple à Lalibela, mondialement célèbre pour ses églises excavées dans la roche par le roi du même nom pour récréer une Jérusalem éthiopienne. Les deux groupes d’églises sont séparées par le Jourdain et l’accès se fait par une porte taillée dans un monolithe « le tombeau d’Adam », les églises suivantes s’appellent Golgotha, Sinaï… Toute la Bible est résumée à Lalibela.

En dehors de Bernard Ronsin (H.63) qui était venu en stage au chemin de fer franco-éthiopien il y a 55 ans et moi qui en étais à mon troisième voyage ce fut une découverte pour tous les autres et en tant qu’organisateur j’ai eu la satisfaction de ne pas les voir déçus, même plutôt enthousiastes tellement ce pays est beau.