Le colloque « Engagement sociétal et carrière : conciliation ou utopie ? » de l’X et HEC s’est déroulé le 21 novembre au Conseil économique, social et environnemental (Paris 16e).

Le XXIe siècle confronte les entreprises à des défis inédits : concilier des exigences de rendement à court terme et la maîtrise des conséquences climatiques de leurs activités ; éviter les stranded assets (1), tout en répondant au désir des jeunes collaborateurs de donner du sens à leur travail. Chaos garanti ? « La définition de la performance a évolué, en intégrant des critères écologiques et sociaux », estime Michel Frédeau, Managing Director de BCG. Plusieurs études attestent que les entreprises aux pratiques responsables dégagent une meilleure rentabilité. « Comment les marchés valorisent-ils les performances extra-financières ? », interroge Rodolphe Durand (D.97), professeur à HEC et fondateur du centre Society & Organisations. En pratique, les critères financiers restent la clé de comparaison entre les gestionnaires d’actifs. « Même si les entreprises donnent des perspectives, elles doivent fournir des résultats à court terme », indique Christel Heydemann (X.94), présidente de Schneider Electric France. Pour Antoine Frérot (X.77), PDG de Veolia, « les marchés regardent l’avenir à travers le rétroviseur plutôt qu’à travers le pare-brise ». La notion de RSE (responsabilité sociale et environnementale) a, elle aussi, évolué, et se détache de la philanthropie.

Changer les règles

L’article 1833 du Code civil, modifié cette année, prévoit que « la société est gérée dans son intérêt social, en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité ». Pour la religieuse de l’Assomption Cécile Renouard (Essec, directrice de recherches), la question est aussi culturelle. « Nous pouvons changer notre représentation d’une vie heureuse et bonne, vers plus de sobriété. » Elle propose de réformer le capitalisme avec « des régulations pour flécher les investissements », « une comptabilité en triple capital (2) » et une réduction des « écarts de rémunération au sein des entreprises ».

1. Investissements ou actifs « échoués », qui perdent de leur valeur à cause de nouvelles réglementations et contraintes environnementales ou technologies.2. Cette comptabilité qui inclut trois types de capitaux (financier, naturel, social) non interchangeables, prend en compte la dépréciation du capital naturel et social.

L’intention qui compte…

À l’issue d’un concours de pitchs, le Prix de l’ambition a été remis à Mathieu Joubrel (X.17) pour Hydrogreen, projet qui vise à améliorer le traitement des eaux usées dans les stations d’épuration, avec production de dihydrogène, et à Sarah Brossolette (Incubateur HEC) pour Calamagui, maison d’édition dont les auteurs sont les enfants. Un événement dans l’ADN de son sponsor, Banque Populaire. « Banque d’une PME sur deux, nous accompagnons les entrepreneurs et avons développé une expertise unique en ce domaine », rappelle Marianne Vergnes, responsable entreprises de croissance. Retrouvez la vidéo complète de l’événement sur le site hecstories.fr.

Une nouvelle DG

Après plusieurs années d’engagement en faveur du réseau HEC en tant que président des Jeunes Diplômés HEC, puis comme directeur général d’HEC Alumni à partir de 2017, Jérémy Bas (M.12) quitte l’association en février pour rejoindre la société de production Éléphant. Parmi les projets emblématiques qui ont été menés sous sa direction, on retiendra notamment le lancement de l’Infinity Pass, la nouvelle formule du magazine, le premier gala, la conception du fonds HEC Ventures (voir p. 94) et la rénovation des locaux de l’association. Il passe le relais à Marguerite Gallant (H.04), directrice du bureau d’HEC à Londres pendant cinq ans, puis DG adjointe d’HEC Alumni en charge du Pôle Carrières depuis l’été dernier.

Bravo aux vainqueurs des Prix Trajectoires (voir p. 114) : Florian Grill (H.88), catégorie Promoteur de la mixité ; Clémentine Piazza (H.08), catégorie Projet ; et Delphine Inesta (H.03) catégorie Leadership !

Protection des données

HEC Alumni travaille avec le cabinet d’avocats Bignon Lebray à sa mise en conformité avec la nouvelle réglementation européenne sur la protection des données personnelles (RGPD), entrée en application en mai 2018. Un sujet majeur pour l’association, qui anime au quotidien un réseau de 60 000 diplômés. « Nous avons réalisé au début de l’année 2018 un audit exhaustif de nos pratiques : gestion de la base de données, communications avec les diplômés via les newsletters, le site internet, les clubs, etc. Depuis cet audit, l’adaptation de l’ensemble des process est en cours. Nous y incluons les nouveaux projets de l’association au fur et à mesure de leur développement ; la mise en conformité requiert un accompagnement permanent », explique Nicolas Moreau (M.02), avocat associé du cabinet.

New York, New York

Le 22 octobre dernier, le 4e rassemblement annuel d’HEC à New York a réuni dans les locaux de L’Oréal plus de 100 Alumni autour de l’invité d’honneur, Jean-Paul Agon (H.78), PDG de L’Oréal. Peter Todd, DG d’HEC Paris et Delphine Colson (H.94), DG de la Fondation HEC, ont présenté les objectifs de l’École dans le cadre de la nouvelle campagne de levée de fonds, Impact Tomorrow. Étaient également présents Frédéric Jousset (H.92), président d’HEC Alumni et Evelyne Estey (H.81), présidente du Chapter HEC NY. Les Alumni restent mobilisésoutre-Atlantique !