« Craintes et promesses de l’IA, quels enjeux ? » – Club Management et Ressources humaines

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Conférence d’Alexandre Pachulski le 2 décembre à l’Association HEC : « Craintes et promesses de l’IA, quels enjeux ? »

À la suite de la sortie de son ouvrage Unique(s) Et si la clé du monde de demain, c’était nous ? et en prévision de son prochain livre sur l’intelligence artificielle (qui sera publié en mars), Alexandre Pachulski nous a fait l’amitié d’intervenir à l’Association le 2 décembre pour partager son analyse et ses convictions sur les rapports, présents et futurs, entre l’IA (l’intelligence artificielle) et l’humain.Il revient sur la genèse de sa vocation professionnelle, la curiosité qu’a éveillée en lui l’article du mathématicien britannique Alan Turing « Une machine peut-elle penser ? », puis la thèse qu’il réalise sur la conception d’un outil capable de détecter les compétences. À 27 ans, il gagne la confiance d’Apple et, avec l’appui du groupe américain, crée Talentsoft, en 2007.

Cette entreprise propose un logiciel dédié au management des talents au sein des entreprises. Elle compte aujourd’hui 600 collaborateurs, 2 000 clients et est présente dans 100 pays.Notre captivant orateur insiste : les enjeux de l’intelligence artificielle ne sont absolument pas d’ordre technologique. Certes, depuis près d’une dizaine d’années, la puissance des processeurs et la croissance exponentielle des données ont rendu possible une fulgurante ascension des capacités de l’IA, au point que lors d’un concours de rhétorique entre un avocat et une IA d’IBM, celle-ci a utilisé des arguments émotionnels et affectifs ; au point également que l’IA est devenue créative, si l’on en croit notamment ses prouesses dans le monde musical (cf. François Pachet et ses algorithmes de composition musicale « Flow Machines » ou encore Shimon, premier robot musicien compositeur de jazz !).Mais l’essentiel est ailleurs : il s’agit de savoir si nous voulons aller vers une société de l’IA asservissant l’homme, ou vers une IA au service de l’homme ? C’est bien à un questionnement sociétal, politique, voire philosophique, que nous invite Alexandre Pachulski, convaincu que « l’IA sera ce que nous en ferons ». En fervent optimiste, il postule que nous pourrons être non pas des individus « augmentés » avec des briques technologiques sous la peau, mais tout simplement « meilleurs », meilleur avocat, meilleur radiologue, meilleurs dans notre singularité mise au service du bien commun.La question, poursuit-il, revient alors à nous demander comment nous allons collaborer avec l’IA.

Comment allons-nous nous réinventer ? Il y a en effet de vraies vertus dans l’IA, en particulier la possibilité de mieux nous connaître. Mais l’IA est éduquée par l’humain. Ce n’est pas parce que c’est mathématique qu’il n’y a pas de biais. Si l’on prend une analogie avec l’éducation, nous comprenons bien que nos enfants sont biaisés par ce que nous leur enseignons.Évoquant l’idée d’une IA à l’échelle de l’Europe, Alexandre n’hésite pas à dire que le meilleur terreau est celui de l’entreprise. Si quelques-unes se saisissent véritablement du sujet de l’IA et communiquent sur leurs avancées, les politiques s’en saisiront également.En conclusion, en dépit de certains messages anxiogènes véhiculés sur cette technologie, Alexandre Pachulski préfère y voir une formidable opportunité à saisir, pour nous comprendre davantage et collaborer de façon plus inclusive, ce qui permettrait une véritable progression de l’humanité.Un très grand merci à Alexandre Pachulski pour cette conférence passionnante et à Jean-Michel Garrigues (E.89) pour avoir contribué à son organisation.

Caroline de Gouvello Sommervogel (H.97) et Didier Hauvette (H.77)