Cap sur le Mont Saint Michel du 21 au 30 août
8e Randonnée itinérante du club Les Chemins des Sacrés entre le 21 et le 30 août, cette marche a pour Cap le Mont Saint Michel : un périple épique et lumineux sur le «chemin aux Anglais» à travers le Cotentin depuis Barfleur avec comme point d’orgue la mythique traversée de la baie avec ses richesses naturelles et sa portée spirituelle. 8 jours de marche et 200 km pour permettre aux 14 randonneurs-pèlerins d’entrer progressivement dans la peau d’un «Miquelot» à la suite des nombreux pèlerins anglais du Moyen Age, qui débarquaient à Barfleur.
Le chiffre «8» n’est pas anodin : couché, il devient le signe ∞, c’est-à-dire « infini » ou « éternité » ; et dans la symbolique chrétienne, c’est le chiffre du renouveau, du dépassement, de la régénération, de la renaissance ; Ie «8» ouvre donc un cycle nouveau ou une nouvelle dimension. Le «Cap» sur la 8e Merveille prend alors toute sa signification !
Isabelle Goalec (HEC 82), Christine Barratte (EMBA 17), Anne Bord (HEC 72), les 3 co-organisatrices, ont préparé cette marche avec leur enthousiasme, leur sensibilité, leur curiosité, leur foi.
Lumineux chemins du Cotentin ! Lucile Ribot (HEC 89)

Bonheur de marcher seul ou en groupe, de se retrouver au détour d’un chemin, de bavarder paisiblement, de partager le vent dans les branches et la lumière douce de la Manche — mais aussi les mûres des ronciers foisonnants, les irrésistibles pâtisseries et le cidre normands ! Au bout du chemin, depuis la falaise, l’émerveillement : le Mont surgit à l’horizon, le temps s’arrête, le ciel se reflète dans la baie qui s’étend à l’infini. Merci à Isabelle, Anne et Christine pour cette semaine lumineuse et vivifiante !
Mémoire de « Miquelote »
Valérie Roze Périple mémorable que celui effectué dans ce Cotentin sauvage, inattendu, venté, bordé par cette mer oscillant d’un bleu vert limpide scintillant, rappelant celui des Bahamas, à un gris vaseux, celui de la baie du Mont-Saint-Michel. Quelle claque de beauté que cette cathédrale de Coutances ou ces arêtes de l’abbaye du Mont-Saint-Michel ! Mention spéciale au grand écart hôtelier : passer du lit moelleux au petit matelas spartiate de notre bungalow de camping. Quelle sensation de délivrance et de récompense : au bout du chemin douanier, on vire à sec autour du dernier éperon rocheux… après la « douche » du matin ! Et là, souffle coupé, le Mont-Saint-Michel surgit enfin du sable, juste irréel, encore si lointain, mais dont l’accès va encore se mériter avec une traversée de la baie semée de sable mouvant, de boue glissante, de fleuve au flux imprévisible à franchir — le tout contre un fort vent de face freinant la progression.

L’apothéose pure après ces kilomètres d’effort, mais aussi de rires, de partage des bonnes choses comme des difficultés. Organisation au millimètre, vous avez été monumentales mesdames : mille mercis pour ce concentré de vie, de sueur et de beauté… avec l’éternité en prime !
Cap sur le mont Saint-Michel, cap sur notre espérance… Doan Biraud (HEC 93)
Que d’émotions durant ce périple rêvé, pensé et préparé avec soin, générosité et inspiration par les organisatrices des Chemins des Sacrés ! Un début de marche marqué par l’engagement des troupes alliées de la Seconde Guerre mondiale, avec des paysages qui portent encore la mémoire à la fois des souffrances et de l’espoir qu’elles ont apporté. Puis un chemin dans l’intimité des chemins creux qui abritent, des arbres altiers qui protègent, des mûres généreuses qui nous rendent gourmands, des bêtes curieuses qui invitenta la conversation.

Enfin, un chemin de bord de mer hésitant entre soleil et pluie (si peu, quelle chance !), un chemin qui s’ouvre sur notre «Cap», le Mont Saint-Michel, magnétique. L’esprit du pèlerinage nous envahit, la traversée est un partage joyeux et engageant tout autant qu’un passage personnel et marquant en profondeur. Sans parler des guides, des rencontres inoubliables et de notre groupe soudé par la marche. Merci à nouveau pour ce «Cap» tenu ensemble, et pour ces merveilleux souvenirs de marche où se mêlent histoire, amitié et spiritualité… qui ouvrent vers d’autres chemins, et d’autres espérances.
Nous, les Miquelots aux pieds nus, avons de la lumière plein les yeux ! Alain Beaulac (HEC 76)
À la recherche de soi — et de notre forme — portés par la magie du chemin vers le Mont-Saint-Michel, nous avons marché plus de 200 kilomètres à travers le Cotentin, depuis Barfleur, sur les traces des pèlerins anglais du Moyen Âge. Quelle expérience de vie collective et de solidarité — et quels bons repas partagés, entre fruits de mer, camembert et agneau de pré salé ! Quelle réflexion, aussi, sur la guerre et la paix, dans cette Normandie tant meurtrie par les siècles de conflits et qui en garde tant de stigmates — mais aussi si éprise de paix. La traversée pieds nus de la baie du Mont-Saint-Michel, dans les sables — parfois mouvants ! — s’achève dans une illumination, portée par les jeux de lumière exceptionnels qui trouent le ciel et les nuages normands, là où la terre rejoint le ciel.

Un voyage spatio-temporel – Gilles Charousset (EMBA 03)
Le Cap sur le Mont-Saint-Michel, sur le papier, c’était 200 km en 8 jours de marche. Ce fut en réalité bien davantage — un voyage autant spatial que temporel. Spatial, car il a fallu traverser le Cotentin dans toute sa diagonale, de son extrémité Nord-Est à son extrémité Sud-Ouest, à travers une diversité de paysages qui ne cessait de nous surprendre : ici des chemins littoraux où se succédaient petits ports de pêche et parcs à huîtres, là des chemins creux nichés au cœur du bocage normand et de ses haies vives ; puis marais asséchés et vastes pâturages, avant que le sable fin et les dunes sauvages ne prennent le relais, alternant avec les promontoires rocheux et les falaises dominant la mer et l’immensité de la baie jusqu’au Mont St Michel. Temporel aussi, et peut-être surtout. Le départ de Barfleur, principal port anglo-normand au temps de Guillaume le Conquérant et des ducs de Normandie, portait déjà en lui mille ans d’histoire. Puis vinrent Sainte-Mère-Église et Carentan-les-Marais, théâtres de la bataille de Normandie en 1944 ; Coutances et sa cathédrale, magnifique témoin du gothique normand primitif ; Granville enfin, ancien port morutier et ville natale de Christian Dior, au large duquel les îles Chausey ont fourni, dès le XIe siècle, le granite de l’abbaye du Mont-Saint-Michel. Et au bout du chemin, le Mont-Saint-Michel, haut lieu spirituel et de pèlerinage dédié à l’archange saint Michel depuis plus de 1300 ans — point d’orgue de cette remontée à travers les siècles, où nos pas se mêlaient à ceux d’innombrables pèlerins de l’archange avant nous. Mais le plus impressionnant, à mes yeux, c’est l’esprit de camaraderie, de partage et d’échanges qui a accompagné ce périple joyeux, si bien élaboré et préparé par nos organisatrices inspirées.

Christian Coutenceau (EMBA 01)
Au cours des 200 km du Chemin des Anglais et à travers le Cotentin, nous avons mis nos pas dans ceux que les pèlerins avaient initiés il y a 1300 ans avant de terminer avec l’archange Michel qui a pesé nos âmes au sommet de l’abbaye du Mont. Une telle aventure qui se termine entre ciel et mer ne peut se faire sans céder aux matérialités des moules à la normande, des huîtres de Saint Vaast en passant par la biscuiterie de Quineville. La traversée du bocage encore marqué par les combats du débarquement de 1944, nous rappelle l’intemporalité de la cathédrale de Coutances et de la forêt de sa charpente et que Guillaume Le Conquérant était normand. Après avoir longé les falaises annonçant l’apparition de l’archange, le mont fortifié est apparu pour nous annoncer la traversée périlleuse de la baie. Nous avons mesuré notre peine au Bec d’Andaine préfigurant le parcours de nos âmes prêtes à cheminer vers la Jérusalem céleste. La marche de nuit qui a terminé notre périple nous a permis de compter les âmes restantes.

«Donner du Sens et accéder à notre Essence» (Anne Bord HEC 72)
En quittant les rives de Barfleur pour emprunter le «chemin aux Anglais» et rejoindre les sables de la baie, je sais déjà que cette marche-pèlerinage, plus qu’une «traversée», est une quête vers l’inconnue que je suis et vers plus grand que moi. Comme tous mes camarades une émotion mêlant souffrances et espoir me saisit à l’évocation du parachutage de ces jeunes héros précédant le débarquement à Ste Mère Église et dans les marais de Carentan. Dans l’épaisseur des chemins creux, à l’écoute de mon corps, je retrouve mon rythme ; des rencontres se font et se défont au hasard du chemin (ou des bistrots) ; les confidences profondes ou légères nous rapprochent, comme ces haies qui tour à tour protègent ou dévoilent. Enfin la baie, et au bout de la baie, le Mont se dresse non comme un simple point d’arrivée mais comme le lieu où se rejoint tout ce que j’ai vécu dans mon cheminement — amitiés, Histoire, souffle … En posant le pied sur le Mont, et en devenant alors un peu plus «pèlerine», je peux affirmer avec Hildegarde de Bingen : «le corps est l’atelier de l’âme où l’esprit vient faire ses gammes» ; et ainsi se referme mon voyage à la fois spatial, temporel, lumineux et intérieur. Cette marche pèlerine permet de rejoindre l’éternité déjà là dans ce présent. Cette expérience nous révèle à nous-même, et conduit à une forme de vérité essentielle, de lumière intérieure, de dépouillement progressif — pour «donner du Sens et accéder à notre Essence».

Published by La rédaction