Depuis votre nomination, quels sont les principaux sujets qui vous ont mobilisé ?

Le Groupe BPCE, deuxième groupe bancaire en France, a vu le jour en 2009. Dix ans après sa création, il affiche des performances solides grâce à son modèle de banque coopérative universelle. Il s’appuie aujourd’hui sur deux réseaux de banques commerciales coopératives, autonomes et complémentaires, les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne et sur ses filiales Natixis et Banque Palatine. Notre groupe est présent sur plusieurs grands métiers : la banque de proximité, l’assurance, la gestion d’actifs, la banque de grande clientèle, les paiements. Le Groupe BPCE est également aujourd’hui très solide financièrement, avec l’un des ratios de solvabilité les plus élevés en Europe à 15,5 %.

Dès mon arrivée, j’ai identifié plusieurs axes d’action : – Renforcer nos métiers de banque de proximité, qui sont au coeur de notre ADN de groupe mutualiste, un important relais de croissance pour le groupe, notamment en termes de développement de nouveaux services liés aux usages digitaux ; – Intégrer au sein de nos banques régionales les expertises et les activités du Crédit Foncier de France afin de renforcer la relation avec nos clients ; – Simplifier notre organisation en intégrant au sein de BPCE les activités d’affacturage, de cautions et garanties, crédit-bail, crédit consommation en plaçant ces métiers au plus près de nos grands réseaux et de nos clients ; – Accélérer la digitalisation du groupe avec une approche « digital inside » pour transformer nos organisations, au service du développement de nos banques. Notre groupe, aujourd’hui 4e banque de la zone euro par la taille de ses fonds propres, doit se préparer aux défis européens et à l’émergence d’une Europe bancaire. Il y a également tout le volet réglementaire, qui régit nos activités, marqué notamment en 2019 par la finalisation de l’entrée en vigueur de Bâle 3.

Dans un monde aussi complexe, comment appréhendez-vous votre fonction de président ?

C’est avant tout une grande responsabilité qui demande, pour préparer l’avenir, d’établir des objectifs clairs en mobilisant l’intelligence collective. En effet, la compréhension et l’adhésion de toutes les équipes sont essentielles à notre réussite. Pour cela, il faut pouvoir développer un mode de management adapté favorisant la bienveillance et l’exigence.

Que retenez-vous de votre passage à HEC ?

J’ai quitté le campus en 1986. Plus que des compétences théoriques, j’ai aussi appris à aborder des dimensions essentielles pour avoir une vision d’ensemble en tant que dirigeant : finance, gestion de l’environnement, la gestion de la mobilisation des équipes… HEC, c’est aussi des principes qui restent et un état d’esprit que sa devise résume très bien : « Apprendre à oser ». C’est enfin une véritable ouverture sur l’international, sur le monde professionnel qui permet aux étudiants de se préparer en amont de leur entrée sur le marché du travail.

Notre groupe entretient des relations avec HEC en matière de formation de nos talents mais également avec la création d’une chaire internationale d’enseignement et de recherche «Business Analytics for Future Banking », entre Natixis et HEC Paris. Son objectif est de permettre aux étudiants de travailler sur des cas d’utilisation du Big Data appliqué au monde bancaire, sujet d’actualité majeur pour le secteur de la finance.

Laurent Mignon (H.86) président du directoire du Groupe BPCE depuis le 1er juin 2018, est aussi président du conseil d’administration de Natixis, administrateur de CNP Assurances, de Sopassure, d’Arkema et administrateur de l’AROP. Il était directeur général de Natixis de 2009 à 2018 et membre du directoire du Groupe BPCE depuis 2013. Auparavant il a été successivement à la Banque Indosuez, directeur financier puis directeur général des AGF et enfin associé gérant chez Oddo&Cie. Il est par ailleurs aujourd’hui président de la Fédération Bancaire Française.

Published by La rédaction

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