Accepter d’être critiqué par un collègue et savoir formuler une remarque à un collaborateur sans le froisser : deux exercices délicats mais bénéfiques pour tous. Le coach et formateur Philippe Graff explique qu’avec un peu d’adresse et d’empathie, on peut tout dire… et tout entendre.

Formulez une critique constructive

Pour réussir cet exercice délicat, il faut d’abord se programmer positivement sur l’objectif de l’entretien. S’agit-il de juger la personne ? Bien évidemment non ! De se faire plaisir ? Non plus. L’unique objectif est de permettre à son interlocuteur de prendre conscience des aspects négatifs de son action pour l’aider à faire mieux la prochaine fois. Conséquence : plutôt que de parler du passé, mieux vaut se concentrer sur l’avenir, adopter en somme une démarche de feedforward plutôt que de feedback. Ainsi, plutôt que d’affirmer, par exemple : « Tu as fait un mauvais choix », il sera plus efficace de poser la question : « Comment faire de meilleurs choix à l’avenir ? »

Apprenez à accueillir la critique

Critiquer les autres est un art facile. Accepter d’être critiqué par les autres est plus difficile. Et pourtant, c’est essentiel pour évoluer, s’améliorer et établir des relations saines avec ses collègues. Accueillir une critique, c’est d’abord prendre conscience de ce qu’elle représente. Elle exige du courage de la part de celui qui la formule. Il est tellement plus facile de ne pas en faire, en espérant que les choses s’amélioreront d’elles-mêmes… Ce qui n’arrive presque jamais ! En ce sens, une remarque, même négative, est toujours une preuve d’attention et de confiance. Commencez donc par remercier celui qui vous la fait. Et si la critique vous paraît injustifiée, remerciez-le quand même, puis expliquez votre point de vue sans agressivité. Vous avez un droit de réponse.

Ménagez les susceptibilités

Avant d’adresser une observation négative à un collaborateur, tâchez de commencer par quelque chose de positif pour « désamorcer » un éventuel conflit. Ou demandez carrément la permission : « Me permettez-vous d’être très franc concernant ce point ? » Il est important de montrer par le choix des mots et votre attitude non verbale que vous restez respectueux de la personne, même si vous critiquez l’une de ses actions.

Peut-on vraiment critiquer son supérieur ?

C’est un art auquel je me plais à entraîner les managers que je coache. Naturellement tout dépend de la personnalité de votre supérieur et de la relation que vous avez développée avec lui. On doit pouvoir critiquer son supérieur, car il a besoin du feedback de tous ceux qui l’entourent. Ne pas le faire ne lui rend pas service. Et si un chef et son collaborateur sont toujours d’accord, c’est qu’il y en a un de trop !

Dans quel cas vaut-il mieux tenir sa langue ?

Pour faire passer un message, il faut saisir le moment opportun. Et il faut éviter les critiques qui seraient perçues comme injustes, elles nuisent à la relation. De même, on ne peut pas reprocher à un subordonné qui ne disposait pas des informations ou des compétences nécessaires d’avoir mal géré une situation, cela relèverait même d’une forme de mismanagement.

Philippe Graff Diplômé HEC en 1964, il a cofondé en 1982 Dynargie, un groupe spécialisé dans le conseil, la formation et le coaching qui travaille pour des entreprises dans une douzaine de pays, de Singapour au Brésil. En 2019, la filiale du groupe au Portugal a été primée par l’APG (Association portugaise de gestion des entreprises).

Published by La rédaction

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