AgenT, une jeune start-up de biotech, s’appuie sur un nouveau modèle animal pour faire avancer la recherche de traitements contre Alzheimer. L’enjeu numéro un : dépister la maladie dans sa phase silencieuse, avant l’apparition des premiers symptômes.

agenT, c’est le nom de code d’un rat de laboratoire qui permettra peut-être, demain, de trouver un traitement contre la maladie d’Alzheimer. Cette pathologie neurodégénérative, qui affecte la mémoire et les facultés cognitives, touche 1 million de personnes en France et 45 millions dans le monde. Un mal incurable, et un drame pour de nombreuses familles. La start-up AgenT est née de la rencontre entre Baptiste Billoir (H.15) et Jérôme Braudeau, docteur en neurosciences. Baptiste voulait monter un projet qui avait du sens. Jérôme, scientifique mais pas businessman, avait besoin d’un allié. Ensemble, ils développent le premier diagnostic sanguin permettant de détecter Alzheimer avant l’apparition des symptômes.

Diagnostic en phase silencieuse

« Actuellement, on diagnostique la maladie entre 65 et 75 ans, souligne Jérôme. Pourtant, on sait qu’elle commence au moins vingt ans avant. Or c’est sur la première phase de la maladie qu’un traitement pourrait être efficace. » Mais pour tester un traitement sur des patients en phase « silencieuse », il faut être capable d’établir un diagnostic précoce de la maladie. Jusqu’à présent, on ne savait pas le faire, faute d’un modèle animal fiable. Jérôme crée alors, dans son laboratoire, un rat capable de reproduire la progression de la maladie sur l’intégralité de la vie, comme chez l’homme. « Le but est d’obliger certains neurones de l’hippocampe, la structure cérébrale la plus touchée par Alzheimer, à exprimer les marqueurs de la maladie. » Sept ans de recherche et, à l’arrivée, un brevet déposé en France, aux États-Unis et au Japon.

Incubée à Station F depuis juillet 2018, la société fait partie du programme Booster de Genopole et bénéficie du soutien de France Alzheimer. Mais veut-on vraiment s’entendre dire que l’on est atteint d’Alzheimer sans en avoir les symptômes, sachant qu’il n’existe aucun médicament à ce jour ? « En dépit de ce que l’on pourrait penser, beaucoup veulent savoir, surtout ceux dont les parents sont malades », répond Baptiste. Se faire diagnostiquer tôt, c’est pouvoir être intégré dans les essais cliniques et aider à la mise au point d’un remède. « Des études montrent aussi qu’un mode de vie plus sain peut réduire de 30 % la probabilité d’avoir Alzheimer à 70-75 ans », ajoute Jérôme. Prochaine étape : valider le diagnostic précoce chez l’homme à l’horizon 2020. Pour cela, 400 échantillons sanguins de patients volontaires, prélevés il y a dix ou quinze ans, sont déjà prêts.

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