Au 1er janvier, HEC Alumni crée un fonds destiné à accompagner des start-up des diplômés de l’École. L’objectif : allier performance financière et soutien à l’entrepreneuriat. Explications croisées de Frédéric Jousset (H.92), président d’HEC Alumni, et Benoist Grossmann, DG d’Idinvest Partners.

Quelle est la genèse du fonds HEC Ventures ?

Frédéric Jousset : HEC dispose d’un écosystème entrepreneurial fertile. Sa tradition d’« apprendre à oser » remonte à la création de la Majeure entrepreneur par Robert Papin en 1978, son incubateur dispose du plus grand espace de Station F et sa communauté de 60 000 Alumni est très dynamique. Il ne lui manquait plus qu’un véhicule de financement pour ses jeunes entrepreneurs, sur le modèle des fonds des grandes universités américaines. Pour le mettre en place, nous avions besoin d’un partenaire. Car le métier de l’École est de former et celui de l’association de créer du lien, pas de gérer des fonds à grande échelle !

Comment votre choix s’est-il porté sur Idinvest Partners ?

F.J. : Nous avons lancé un appel d’offres. Nous cherchions un spécialiste du capital innovation reconnu pour sa déontologie, la transparence de sa gestion et son historique de performance sur cette classe d’actifs. Il devait aussi être capable de gérer une large communauté de souscripteurs. Le ticket d’entrée du fonds est de 10 000 € : il est ouvert aux diplômés HEC et à tout particulier intéressé, ainsi qu’aux entreprises désireuses de tisser un lien fort avec notre écosystème entrepreneurial. Idinvest Partners cochait toutes les cases. Nous avons particulièrement apprécié que Benoist Grossmann vienne pitcher avec son équipe au grand complet, à la manière d’un start-upper !

Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?

Benoist Grossmann : Chez Idinvest Partners, l’amorçage de start-up est l’un de nos coeurs d’activité. Nous gérons plusieurs fonds d’investissement, avons 80 000 clients particuliers et des règles précises en matière de due diligence. Créer un fonds dédié avec HEC, qui possède un impressionnant vivier de start-up, était un choix naturel pour nous ; 16 % des entreprises dans notre portefeuille sont dirigées par des Alumni. Et notre contact avec les équipes d’HEC a été excellent.

Quels sont les profils d’entreprises que le fonds HEC Ventures accompagnera ?

B.G. : Des start-up à leur démarrage, localisées principalement en Europe. Nous sommes ouverts à tous les secteurs, avec une prédilection pour le digital. Nous éviterons cependant les biotech et medtech, gourmands en capital et dont les cycles longs sont incompressibles.

F.J. : 80 % des start-up d’HEC Ventures seront pilotées par des Alumni HEC. Les 20 % restants seront ouverts à d’autres profils. Nous pourrions en faire notamment profiter les diplômés de l’X, qui est le partenaire d’HEC… à charge de revanche !

B.G. : Nous faisons un métier de personnes : au stade d’amorçage, tout repose sur la qualité des fondateurs. Idinvest s’engage sur des durées de cinq à huit ans ; nous misons sur des équipes d’entrepreneurs inspirantes, avec qui nous prenons plaisir à travailler, car nous les rencontrons tous les mois et demi.

En quoi le fonds repose-t-il sur l’affectio societatis d’HEC ?

F.J. : Les entrepreneurs y trouveront à la fois un financement expert et un coaching bienveillant : une combinaison unique de smart money et de love money. Un analyste à temps plein travaillera au sein de l’association pour promouvoir et animer le fonds en lien avec le réseau. En aval, 50 % de l’intéressement aux plus-values (carried interest) seront reversés à la Fondation HEC. Quant aux start-uppers soutenus, ils s’engageront à devenir donateurs de la Fondation HEC et à lui reverser un pourcentage de leur gain en cas de sortie réussie.

Pourquoi souscrire à ce fonds plutôt qu’à un autre ?

F.J. : HEC Ventures offre l’opportunité de combiner rendement et impact. Rendement, car ce fonds a les atouts pour surperformer dans sa classe d’actifs ; dirigé par une des meilleures sociétés de gestion; il profite du terreau entrepreneurial et du réseau de la meilleure école de commerce d’Europe. Impact, car il profitera à la Fondation HEC, qui favorise la diversité sociale par son soutien aux étudiants boursiers de l’École. HEC Ventures permettra aussi de donner un coup de pouce à des jeunes diplômés HEC, porteurs de beaux projets mais ne disposant pas du réseau familial et social pour se lancer. Cette dimension nous tient particulièrement à coeur.

B.G. : Nous espérons que parmi la trentaine de start-up qui rejoindront le fonds émergeront les licornes de demain !

Contact et informations : Louis Bô (H.13), lb@idinvest.com