Un transport moins polluant ? Quand on n’aime pas le pétrole, on a des idées…

Philippe Berterottière (H.82) et Bertrand Simion (H.87)

D’ici deux ans, le croisiériste de luxe Ponant va s’équiper d’un paquebot propulsé à l’électricité et au gaz naturel liquéfié (GNL). « Ses deux réservoirs contiennent du gaz liquéfié à – 160 ° Celsius, qui sert de carburant »; explique Philippe Berterottière (H.82), PDG de GTT, la filiale d’Engie qui a conçu ce navire innovant. Une vingtaine de cargos propulsés au GNL seront prochainement intégrés à la flotte de CMA CGM. Ce groupe français s’est aussi allié à Ikea et à GoodShipping pour tester un biocarburant qui réduira de 80 à 90 % les émissions de gaz à effet de serre. « Une première mondiale », souligne Bertrand Simion (H.87), directeur central lignes du Groupe. L’enjeu est de taille, puisque le secteur, qui assure 90 % du transport de marchandises mondial, a pris l’engagement de réduire de moitié ses émissions de CO2 d’ici à 2050.

Cécile Villette (MBA.16)

Deux ex-consultantes chez PwC, Cécile Villette (MBA.16) et Rihab Jerbi, se sont alliées à une polytechnicienne Bérengère Lebental; pour créer la start-up Altaroad, spécialisée dans les nanotechnologies et le génie civil. Leur solution ? Des minicapteurs placés sur le bitume informent en temps réel sur le trafic et le poids des véhicules. Altaroad, qui séduit pour l’instant surtout des sites industriels (chantiers, carrières, ports, etc.); compte parmi ses clients des géants du BTP, dont Eiffage. Mais l’application a aussi un intérêt pour la voirie. Grâce aux données collectées, elle peut anticiper les besoins en maintenance des voies de circulation.  » Or réparer une route a un impact environnemental bien plus faible que la reconstruire, souligne Cécile Villette. Et les véhicules polluent moins lorsqu’ils roulent sur une route bien entretenue.  » Sa start-up a été mise à l’honneur par le magazine Challenges dans sa sélection des « 100 start-up où investir en 2019 ».

Benjamin Levine (H.09) et Youssef Tagemouati (H.08)

DHL, Mondial Relay, Relais Colis et depuis peu GLS : la jeune pousse Tousfacteurs a séduit les plus grands noms du transport avec son offre de livraison « décarbonée » en soirée. Les marchandises sont livrées par des coursiers à vélo, géolocalisables en temps réel. Un algorithme développé en interne permet en plus d’optimiser les trajets. Cofondée par Benjamin Levine (H.09) et Youssef Tagemouati (H.08), la start-up assure des courses 7 j/7, et jusqu’à 22 heures. La plage horaire est large.

Arthur Barillas (H.17)

Ovrsea digitalise le transport international et suit les flux de marchandises en temps réel grâce à un réseau satellite. « La visibilité est la clé de la supply chain : plus de prédictibilité, c’est moins de stocks et la possibilité de substituer parfois le transport maritime à l’aérien (qui génère dix fois plus de CO2) », explique Arthur Barillas (H.17) qui a cofondé la start-up avec ses camarades de promo Mathieu Mattei et Brieuc André.

Thibaut Ardaillon (H.06)

Suède, Pays-Bas, États-Unis… Keolis exporte son savoir-faire dans le transport en commun écolo. Le champion tricolore exploite des flottes de bus 100 % électriques à Amiens et dans la région de Bayonne et Biarritz. Il a aussi remporté cet été un contrat pour l’exploitation de bus décarbonés à Bergen, la deuxième ville de Norvège : 136 bus, principalement électriques, transporteront 17 millions de voyageurs chaque année. En outre, Keolis sera bientôt à la tête de la deuxième plus grande flotte électrique de la côte Est américaine. Quant à sa filiale canadienne, dont Thibaut Ardaillon (H.06) est responsable finance, planning et performance, elle domine le créneau des bus scolaires électriques en Amérique du Nord. De quoi sensibiliser les plus jeunes générations aux vertus du déplacement zéro carbone.