Deuxième rencontre 2021 du Cercle des RH HEC. Depuis notre cuisine, notre chambre, notre salon, notre résidence secondaire – notre bureau parfois (!) –, nous participons à une réflexion sur « les nouveaux espaces de travail ».

Le sujet n’est pas nouveau. Bien avant la crise sanitaire que nous connaissons existait déjà le télétravail, comme existaient des solutions plus flexibles telles les espaces de coworking ou la location de salles de réunion.

Cependant, un virage a été amorcé en lien avec l’expérience d’un télétravail massif et l’ancrage de nouvelles habitudes de vie.

Nous avons, pour aborder ce sujet, bénéficié de l’éclairage précieux de Steven Daines, DGRH du groupe Accor et de Stéphane Bensimon, CEO de Wojo, son partenaire pour développer des pratiques innovantes. Ils observent que l’écosystème des espaces de travail se rapproche de celui de l’hôtellerie avec l’apparition d’une nouvelle tendance, la « workspitality ». Ce néologisme évoque le fait qu’un lieu de travail doit être pensé désormais comme un lieu de vie, un lieu hospitalier alliant convivialité et fonctionnalité.

La culture du confort

Steven Daines précise que le monde hôtelier est l’un des rares secteurs d’activité à avoir cette culture de la convivialité, de la disponibilité et du service client dans son ADN, l’accueil 24 heures/24, 7 jours/7, le besoin d’une connectivité sans faille, les services associés…

La crise du coronavirus, associée aux coûts de l’immobilier supportés par les entreprises et au souhait des employés de réduire leur temps de transport, constitue donc une équation favorable pour agir et accélérer la tendance.

Dans ce contexte, la start-up Wojo, au-delà de son offre initiale de coworking, a signé un partenariat avec le groupe Accor afin de proposer aux salariés des espaces de travail proches de chez eux, flexibles, confortables, avec à la clé plus de bien-être, des opportunités de socialisation et la réduction de l’impact environnemental des transports.

La proximité est le point clé de la proposition issue de ce partenariat, et ce qui la différencie des offres des acteurs du coworking, généralement situés au cœur des grandes villes. Le maillage territorial des groupes hôteliers est en effet sans commune mesure.

Les bureaux du monde d’après ?

Wojo et Accor parient sur la sortie de crise qui induira un énorme besoin de collectif. Le potentiel de développement est important puisque seuls 2 % des mètres carrés construits en Europe continentale sont dédiés à l’immobilier d’entreprise (8 à 10 % dans des villes telles que Londres et Shanghai).

Pour l’entreprise, recourir à ce type de solution permettra de réaliser des économies, d’accroître la flexibilité, de préserver le sentiment d’appartenance et d’adresser les enjeux RSE. Certains DRH peuvent s’interroger sur le coût d’un tel dispositif par rapport à celui du dédommagement du home office. Cette dernière option, peut être moins onéreuse pour l’entreprise, lui fait courir un risque d’image lié à la perception d’un dispositif « sponsorisant l’isolement ».

Enfin, convertir l’hôtel en lieu de travail est une bonne nouvelle pour les jeunes générations : une étude récente montre que, pour elles, venir cinq jours par semaine sur un même lieu est source de stress. Un phénomène qui donne sens à la promesse de Wojo et Accor qui vise à faire de ces nouveaux lieux de travail les « écrins d’une expérience émotionnelle »… un plaisir assurément essentiel !

Caroline Sommervogel (H.97) 

Published by La rédaction

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