Hommage à Pierre-Antoine Gailly (H.75)
Notre camarade Pierre-Antoine Gailly nous a quittés le 28 décembre 2025 à l’âge de 70 ans. Il s’était illustré par l’originalité de son parcours, qui l’a mené de la présidence du Moulin Rouge à celle de la CCI de Paris, et par son indéfectible engagement auprès d’HEC.
Entré à HEC en 1972 à seulement 17 ans, cet élève brillant, délégué de sa promotion, se démarquait déjà par son exigence, son sens stratégique et son goût de l’humain. Sa carrière de dirigeant d’entreprises lui a permis d’évoluer dans des univers variés, depuis les Jeux Nathan ou les rayons du Bon Marché jusqu’à la rédaction de La Tribune ou les coulisses du Moulin Rouge, dont il a orchestré le magistral redressement. Plusieurs vies où sa vision et son sens des relations humaines ont pu s’exprimer et conduire à des évolutions majeures.
Au-delà de ses succès professionnels, beaucoup d’entre nous se souviendront de sa passion de l’intérêt général, particulièrement incarnée dans son engagement pour HEC. Sa vision de l’avenir de l’École et son attachement à la camaraderie HEC ont profondément contribué à modeler le destin d’HEC Paris et ont fait de lui une figure importante de notre communauté.
Artisan de l’indépendance d’HEC Paris
Membre du comité, vice-président de l’Association des diplômés HEC Alumni, Pierre-Antoine Gailly fait partie en 2005 des premiers grands donateurs fondateurs de la Fondation HEC, lorsque pour la première fois de son histoire elle fait appel à la générosité des diplômés sous la Présidence de Jean-Luc Allavena (H.86).
En 2007, Pierre-Antoine Gailly devient président de l’Union des chambres de commerce et d’industrie françaises à l’étranger, avant d’être élu à la présidence de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris en 2011, puis d’Île-de-France en 2013. C’est lorsqu’il est Président de la CCI Paris Île-de-France qu’il initie l’autonomisation d’HEC Paris aux cotés de Bernard Ramanantsoa (H.76), pour qu’elle devienne un établissement d’enseignement supérieur consulaire en 2016, une étape majeure dans l’histoire de l’École.
Pilier de la communauté HEC
Ses engagements au long cours en tant que délégué de la promotion 1975, ou comme membre fidèle du Club Aviron d’HEC Alumni, l’ont toujours rendu proche de nos jeunes camarades, avec qui il aimait échanger. Il y a un mois, il prenait encore le temps de partager son expérience avec un groupe d’étudiants sur le campus de Jouy-en-Josas.
Fidèle des grands rendez-vous de la communauté, il était présent sur le campus le 17 juin dernier pour les 20 ans du Class Gift et lors du 10-Day célébrant les 50 ans de la promotion 75 ; présent encore, le 25 novembre dernier, au lancement de la campagne HEC Campus of the Future.
Nous lui sommes profondément reconnaissants pour tout ce qu’il a apporté à HEC.
Pierre-Antoine était marié, père de quatre enfants et grand-père de dix petits-enfants.
Plusieurs membres de la communauté HEC ont été présents aux côtés de sa famille et ses proches mardi 6 janvier, en l’église Saint-Nicolas de Ville-d’Avray, pour lui rendre un dernier hommage.
Les équipes d’HEC Paris, de la Fondation HEC et de l’association HEC Alumni
Image : © F. Daburon-CCIP
La communauté HEC lui rend hommage
Jean-Luc Allavena (H.86), président d’honneur de l’Association HEC Alumni et de la Fondation HEC
« Pierre-Antoine laisse une trace très forte au sein de notre communauté et au delà . Il demeurera parmi les quelques « Grands HEC » qui ont marqué l’Histoire de notre Institution par leur vision, leur engagement et leur capacité à faire avancer les projets majeurs. Au début des années 2000, avec lui et Bernard Ramanantsoa, autre « Grand HEC » dont l’impact est reconnu, nous avons initié les premières discussion avec la Chambre de Commerce sur l’autonomisation et le financement d’HEC. Son rôle a été déterminant et, outre son action dans l’exercice de ses fonctions, il a tenu à participer généreusement à titre personnel afin de donner l’exemple. Nous ne l’oublierons Jamais. »
Stéphane Fratacci, directeur général CCI Île-de-France
« Nous avons connu Pierre-Antoine dans chacun des domaines qu’il aura marqués de son empreinte : grand dirigeant d’entreprises, président de la CCIR, grand donateur et grand ancien d’HEC, engagé dans la vie sociale et associative pour le bien commun. Et nous avons mesuré ce qu’il avait su y apporter et nous apporter. C’est une très grande tristesse, partagée, de le savoir parti. »
Dominique Restino, résident de la CCI Paris Ile-de-France
« Pierre-Antoine, on connaît tous son parcours, sa carrière de dirigeant d’entreprises, son sens de la stratégie, sa vision. Il fut un grand, un très grand président de la CCI de Paris puis de la CCI Paris Ile-de-France, le premier. C’est surtout de l’homme et de l’ami dont je garderai le souvenir. Un homme de conviction, clairvoyant, dénicheur de talents, repérant chez l’autre des qualités jusqu’alors insoupçonnées que nul autre que lui ne savait aussi bien détecter et mettre en valeur. Un homme engagé, discret et si solide. J’ai en mémoire nos échanges nombreux, nos débats, nos désaccords, parfois, sa ténacité, sa persévérance, toujours. Un meneur d’hommes attentif, disponible, un leader entraînant. Je retiendrai de lui sa confiance et sa fidélité. Pierre-Antoine, homme pressé, a toujours eu un temps d’avance. Il n’est déjà plus là. Au revoir mon ami. »
Jean-Paul Vermès, ancien président de la CCI Île-de-France et ancien président d’HEC
« Pierre-Antoine, mon Président ! un vrai humaniste, un entrepreneur d’exception, un ami ! Visionnaire, travailleur acharné, aimant les gens, très à l’écoute, et empreint d’humour – l’apanage des grands – . Au service de l’institution, que cela soit la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris Ile-de-France et HEC, entre autres. Une belle famille dont il était une sorte de patriarche tant aimé ! »
Daniel Bernard (H.69), président d’honneur de la Fondation HEC
« Je voudrais rendre hommage à Pierre-Antoine Gailly qui a toujours manifesté un attachement remarquable à l’Ecole, à l’Association des Alumni et à la Fondation HEC. Il a beaucoup servi la communauté HEC, de même qu’à la Chambre de Commerce où il a exercé les plus hautes fonctions. C’est avec lui particulièrement que j’ai eu à négocier l’autonomisation grandissante d’HEC au sein de la CCI. Il a toujours manifesté une grande compréhension et un sens aigu de ses responsabilités. Nous lui devons beaucoup. »
Bernard Ramanantsoa (MBA.76), dean d’HEC Paris 1995-2015
« Pierre-Antoine Gailly avait ce talent rare : faire cohabiter la gravité des charges et une élégance sans apprêt. Je nous revois, à l’Élysée, en 2012. Pierre-Antoine m’avait proposé de l’accompagner pour interviewer François Hollande, son camarade de promotion, à l’occasion de l’anniversaire de leur promo. La scène n’avait rien de mondain. C’était la rencontre de deux anciens élèves, simplement — ils se tutoyaient — et Pierre-Antoine, comme toujours, qui savait maintenir ensemble ce que tout oppose souvent : la hauteur de vue qu’imposent les responsabilités et la simplicité du lien que permet la fidélité des amitiés.
Avec lui, lorsqu’il était Président de la CCI Paris, les discussions sur les orientations budgétaires d’HEC n’étaient jamais superficielles. Il s’y engageait pleinement, avec une exigence assumée. Nos échanges pouvaient être tendus, parfois rugueux, toujours sérieux. Pierre-Antoine prenait les sujets au sérieux. Les hommes, davantage encore. Il y avait dans cette posture une éthique : celle de la décision assumée, sans dureté inutile.
Je me souviens aussi de sa venue au Bâtiment des Études, un samedi matin. Il fallait trancher le choix des couleurs des salles de classe en cours de rénovation. Il était là pour cela, accompagné de Véronique, son épouse, dont il évoquait souvent, avec une admiration discrète, la culture et les talents artistiques. La décision se prenait ainsi : fermement, mais éclairée par le regard des autres.
Il impressionnait sans jamais chercher à impressionner. En 2008, à l’occasion des vingt ans de la CEMS, il réunit à déjeuner recteurs et deans des institutions partenaires. Il étonna l’assemblée par la justesse et l’étendue de sa connaissance du monde académique international. Cette même finesse affleurait lorsqu’il s’adressa, quelques années plus tard, à une promotion de jeunes HEC nouvellement intégrés. Sa fille Mathilde était dans la salle. On perçut alors, dans une voix habituellement maîtrisée, une fierté contenue, mêlée d’émotion.
Son engagement pour HEC fut constant, structurant, décisif. Dès 2005, il fit partie, à l’initiative de Jean-Luc Allavena, des tout premiers grands donateurs, lorsque l’École, pour la première fois, fit appel à la générosité de ses diplômés. Plus tard, comme Président de la CCI, c’est lui qui initia l’autonomisation d’HEC. Une étape majeure dans l’histoire de l’École, conduite avec sa détermination calme.
Il y avait aussi les signes, presque des repères : son éternel nœud papillon, marque d’une élégance assumée ; son attachement fidèle au club d’aviron de l’École, où l’on apprend « l’effort, le collectif, et l’art d’avancer ensemble ». Et puis cette phrase, qu’il aimait à rappeler : « c’est sérieux, mais ce n’est pas grave ». Elle disait l’essentiel : l’exigence sans la dureté, l’engagement sans la vanité. »
Témoignages de la promo H.75
Michel Fareng (H.75), co-délégué actuel de la promo
« Penser à Pierre Antoine, ce n’est que de la joie ! C’est penser à un ami fidèle, toujours présent, toujours un soutien. C’est penser au premier vrai contact avec lui sur le Campus, déjà un leader, dans un amphi comble en train de structurer une grève fameuse mais porteuse d’avancées pour l’École. C’est penser au sportif, sur des skis, dans une piscine, dans un bassin (d’aviron), sur un terrain de rugby (le Club Foot lui a pardonné son absence). C’est penser à notre délégué emblématique de promotion pendant 34 ans et organisateur d’anniversaires de promo fabuleux tant à Troyes qu’au Bon Marché et bien sûr au Moulin Rouge. C’est penser à tout ce qu’il a donné à HEC, matériellement comme Grand Donateur à la Fondation, structurellement avec le changement de statut d’HEC en tant que président de la CCI Paris, stratégiquement sur les évolutions de l’Association et de l’École. C’est ne pas oublier de le taquiner : quand vas-tu enfin nous présenter Nicole Kidman ? Qui va te succéder dans les réunions officielles avec un nœud papillon ? Mais là, la promotion est unanime : comme les clubs retirent les numéros des maillots des champions, plus personne ne portera de nœud papillon ! Pierre-Antoine tu as su écouter Saint-François d’Assise : « Rappelez vous que, lorsque vous quittez cette Terre, vous n’emportez rien de ce que vous avez reçu – uniquement ce que vous avez donné » car tu as beaucoup donné. »
Didier Martin (H.75), co-délégué actuel de la promo
« Pierre Antoine réussissait tout . Bac à 16 ans , HEC à 17 ans , déjà « célèbre » à l’Ecole où son nom ornait le tableau des records à l’entrée de la cantine ( en natation tout particulièrement ) . Outre sa brillante carrière professionnelle , il a été pendant 35 ans un formidable Délégué de Promo . Grâce notamment à ses talents d’organisateur de nos rencontres « anniversaires « que ce soit par exemple au Bon Marché ou , bien sûr , au Moulin Rouge , il a su donner à nos retrouvailles périodiques un caractère mémorable . Lui succéder comme délégué n’a pas été facile : il a fallu se mettre à deux pour y parvenir ! Il a incarné brillamment les valeurs de notre Promo : Dynamisme , Solidarité, Générosité , Fidélité en amitié , Engagement Sociétal , et les valeurs de l’Ecole . Il y a ajouté avec malice ( ou facétie ) une grande originalité : le nœud papillon , bien sûr ,et les lunettes aux montures colorées ( rouge, verte , rouge et verte ) étaient sa marque de fabrique et le rendaient unique . Pierre Antoine ,parti bien trop tôt, nous manque déjà beaucoup. »
François Hollande
« Pierre-Antoine était un camarade enjoué et même facétieux à HEC. C’est ainsi que je l’avais découvert et apprécié. Plus tard dans les postes qu’il avait occupé et les fonctions qu’il avait exercées, notamment à la CCI, il n’avait pas été un partenaire facile. Mais sa générosité et son sens de l’intérêt général en plus de son talent nous avaient encore davantage rapprochés. Son départ alors qu’il avait toujours des projets à mener à bien nous laisse désarmés »
Pierre Bertinotti
« La disparition brutale et soudaine de notre ami Pierre Antoine nous apparaît comme irréelle tant son dynamisme, son dévouement et sa générosité nous semblent toujours présents. Une vie pleine et entière : à peine âgé de 17 ans et déjà à HEC et combien d’autres paris gagnants du Bon Marché à la CCIP en passant par le Moulin Rouge. Lors de nos échanges professionnels quand Pierre-Antoine était président de la CCIP, j’ai toujours apprécié la clarté de sa vision, la qualité de son écoute et sa recherche du compromis. C’est un homme pleinement engagé dans la vie, qui a toujours su prendre un peu de temps pour l’Autre, qui nous quitte bien trop tôt. Que son souvenir nous inspire ! »
Louis Bazire
« Lorsqu’il a vendu le Moulin Rouge, Pierre-Antoine m’a confié qu’ayant assuré ses arrières du point de vue économique il voulait s’engager pour l’intérêt général auprès de la CCIP, la mère de notre chère Ecole. D’abord comme Trésorier ,puis Président de la CCIP puis de la CCI IDF en ayant assuré la fusion des différentes Chambres de la Région Parisienne. Il a toujours été un fervent militant des réseaux consulaires. Il a présidé l’UCCIFE (Union des Chambres de Commerce Françaises a l’Etranger),devenue CCI France International et j’ai fait partie son Conseil lorsque j’étais Président de la Chambre de Commerce France Brésil. On ne parle pas assez de ce formidable réseau qui est l’étendard des entreprises françaises hors de France et qui compte nombre d’HEC comme présidents, élus et bénévoles. Pierre Antoine s’est toujours battu pour maintenir ce réseau vivant, et ce malgré les nombreuses tentatives des acteurs publics de le mettre sous tutelle. Notre exemple était celui de l’Allemagne où les Chambres de Commerce sont le relais privilégié de soutien aux exportateurs avec le succès que l’on connait. A l’heure où l’on devrait enfin s’attaquer au mille-feuille, on ferait bien de s’en souvenir. Et les Alumni se rappeler d’où ils viennent et s’engager dans ce réseau que ce soit en France ou a l’étranger. »
Eric De Rugy
« Pierre-Antoine, je l’ai connu depuis tout petit, à l’école Bossuet d’abord, rue Guynemer, face au jardin du Luxembourg. Nous nous sommes suivis pendant presque 2 décennies, à Montaigne, puis en prépa à Louis-Le-Grand et enfin à Jouy. Cette longue histoire commune nous rapprochait, sans que nous soyons proches, ou en tout cas intimes, car Pierre-Antoine était toujours fourré dans des projets, des réalisations, des réussites, avec son enthousiasme généreux et communicatif… et moi aussi, j’étais très actif de mon côté. Lorsque nous nous croisions, de loin en loin, c’était comme si nous nous étions quittés la veille : aucune barrière, aucune distance, aucun regret. Son parcours professionnel, varié mais toujours passionné, ne peut qu’inspirer ceux que la ligne droite répugne ou que la ligne brisée effraie. Il a su naviguer avec maîtrise, toujours solidaire de ses équipages, virant de bord quand il le pensait juste, mais sans changer de cap. Un grand capitaine nous a quittés… »
Jean-Pierre Bauvin
« Pedro » était un vrai copain toujours attentif aux autres, toujours volontaire et visant le meilleur … A la sortie de l’école, nous avions gardé le contact avec l’aviron et le groupe des rameurs, et nous nous retrouvions régulièrement. Il m’avait demandé d’être un de ses témoins civils à son mariage avec Véronique le 03 juillet 1977, ce qui avait solidifié nos liens. Je rencontrai régulièrement sa sœur Valentine et ses parents : que de bons moments ! La vie nous a séparé mais c’était toujours un plaisir de se retrouver. Il a été un délégué de promo actif et efficace, toujours prêt à fédérer et à défendre les valeurs de la promo et d’HEC. Avec l’aviron, il avait un gnac exemplaire et sa bonne humeur nous entrainait tous vers un dépassement collectif … »
Philippe Podesta
« M. Pierre-Antoine Gailly, ancien président de la CCI Paris Île-de-France et du CEFJ (Comité d’Échanges Franco-Japonais) s’est vu distinguer mardi 9 mai 2017 de l’Ordre du Soleil levant par l’Empereur du Japon, au Palais Impérial. Pour sa contribution appréciée à la promotion des relations économiques et à l’approfondissement de la compréhension mutuelle entre la France et le Japon, M. Pierre-Antoine Gailly s’est vu distinguer de l’Ordre du Soleil levant, au grade de l’Étoile d’or et d’argent 旭日重光章 . L’Ordre du Soleil levant a été la première décoration créée par le Gouvernement japonais, en 1875. Ne comportant qu’une unique classe à l’origine, il a été par la suite divisé en neuf classes, dont celle de l’Étoile d’or et d’argent. Jusqu’à sa réforme en 2003, il récompensait uniquement les hommes et constituait la plus haute distinction japonaise, après l’ordre du Chrysanthème. »
Published by La rédaction