À l’occasion des 15 ans de la loi Copé-Zimmermann, le Club Gouvernance HEC Alumni a organisé une soirée exceptionnelle à l’initiative de Jean-François Phan Van Phi (H.84) en association avec Cécile de Guillebon (H.83) et Voxfemina – Paroles d’experts au féminin. Un panel prestigieux est venu débattre de l’impact de cette loi et des prochains défis encore à relever par les femmes au sein des conseils d’administration : Jean-François Copé et Marie-Jo Zimmermann, les co-auteurs de la loi, ainsi que des dirigeants et administrateurs de premier plan, Laurence Debroux (H.92), Dominique Druon (Voxfemina), Sylvia Métayer (H.86) et François Pérol (H.85), et Olivier Boulard (H.89).

L’importance de la loi Copé-Zimmermann

Devant une salle comble, Hortense de Roux (H.05), présidente de l’Association HEC Alumni, a ouvert la soirée en rappelant l’importance de la loi Copé-Zimmermann, devenue un symbole, et de la parité, essentielle pour l’économie.

Jean-François Phan Van Phi a ensuite pris la parole pour remercier les co-organisateurs et soutiens de la soirée, parmi lesquels le club HEC We&men, et pour saluer chaleureusement Jean-Luc Allavena (H.86), qui a été à l’origine de ce club et a soutenu la nomination de la première femme présidente d’HEC Alumni en 2003. Il a notamment salué les présidentes et présidents présents dans la salle, dont Éric Bourdais de Charbonnière (H.63), fondateur du Club Gouvernance et ancien président de Michelin, assis à côté de Barbara Dalibard, actuelle présidente de Michelin, qu’Éric a fait entrer au conseil de Michelin.

Jean-François Copé, ancien ministre et maire de Meaux, co-auteur de la loi, a retracé avec humour et conviction le contexte de sa création. Il lui a fallu y mettre tout son poids pour la faire voter, sur la base de l’énorme travail réalisé par Marie-Jo Zimmermann, tant le machisme était prégnant au Parlement comme dans la société. Pour Jean-François Copé, « on mesure la modernité d’une société à la place qu’elle réserve aux femmes ».

La montée en puissance des femmes administratrices

Pascal Durand-Barthez, senior advisor d’Associés en Gouvernance, a ensuite interrogé Laurence Debroux (H.92), administratrice indépendante et présidente de comités d’audit, sur ses débuts d’administratrice. Pour Laurence, la première barrière à l’entrée était d’être identifiée comme candidate : directrice financière de société cotée, elle a également bénéficié d’un programme de mentorat initié par un groupe de présidents du CAC40. Les choses ont certainement évolué avec la Loi, et le recrutement s’est professionnalisé. Une fois au conseil, pour les hommes comme pour les femmes, le mentorat par un administrateur expérimenté reste un accélérateur important.

François Pérol (H.85), ancien président du directoire de BPCE et président du conseil d’administration de Natixis à partir de 2009, a confirmé que les conseils d’administration restaient alors trop souvent dans l’entre-soi. La loi Copé-Zimmermann, en introduisant la parité, a été l’occasion de faire respirer la gouvernance, pour laquelle la diversité, qu’elle soit de genre, de profil ou d’expérience, est vitale.

Olivier Boulard (H.89), expert en succession de dirigeants, apporte un éclairage chiffré sur l’évolution observée en quinze ans : la proportion de femmes dans les conseils d’administration du SBF 120 est passée de 8 % à 47 %, avec une diversification notable des profils et des parcours.

Femmes administratrices, femmes présidentes

Comment passe-t-on d’administratrice à présidente de conseil d’administration ? Pour Sylvia Métayer (H.86), présidente du conseil d’administration de Clariane, le passage de dirigeante exécutive à administratrice, puis présidente de comités, puis présidente de conseil, s’est fait assez naturellement. C’est cependant un changement de posture à chaque fois. En tant que président(e), il faut animer un collectif qui ne consacre pas 100% de son temps à l’entreprise, qui travaille sur le temps long, mais qui doit aussi se mobiliser très vite en temps de crise. Tous les panélistes s’accordent à dire qu’une présidence de comité constitue un passage presque incontournable, de préférence un comité « compliqué » comme le comité des nominations et rémunérations ou le comité d’audit.

Les compétences recherchées pour une administratrice ou une présidente sont… les mêmes que pour les hommes ! Pour Olivier Boulard, ce sont surtout des compétences relationnelles (« soft skills ») et une expérience des situations. Il faut une capacité à l’intelligence collective, des convictions fortes associées à très peu d’ego, pour pouvoir à la fois écouter et challenger.

Et maintenant ?

Marie-Jo Zimmermann, co-auteure de la loi et ancienne présidente de la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale, conclut la table ronde : elle a toujours considéré les conseils d’administration comme le cœur battant de l’entreprise, l’endroit où se prennent les décisions engageant l’avenir. C’est pourquoi il fallait commencer par là. Il faut maintenant poursuivre sur l’égalité salariale et sur la parité dans les comités de direction.

Dominique Druon, CEO fondatrice d’Aliath et administratrice indépendante, conclut que la loi a profondément transformé la façon dont les conseils fonctionnent – elle a, en deux mots, permis de les professionnaliser. Et elle invite toutes les administratrices présentes à postuler à des présidences de comités, et tous les présidents à penser, lorsqu’ils préparent leur succession, à proposer également des femmes.

 

Un événement marquant, tant par la qualité des intervenants que par celle de l’assistance, composée de nombreuses dirigeantes, administratrices et présidentes, qui illustre avec force le rôle central de la diversité dans la gouvernance des entreprises.

 

JF PVP H.84 et Monique Huet H.80

Avatar photo

Published by