HEC Stories #9 : l’édito d’Arthur Haimovici

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Dernier édito

Après cinq années marquées par la création d’HEC Stories, de l’Entretien HEC et d’HEC Éditions, je m’en vais faire autre chose. Qu’on me pardonne donc, pour cette fois, d’écrire à la première personne et de parler un peu de moi. Depuis le lancement du nouveau magazine en 2019, j’ai reçu beaucoup de mots aimables, de coups de main désintéressés, de félicitations dont je suis très reconnaissant. Mais il est arrivé aussi qu’on questionne une ligne éditoriale jugée par certains trop militante ou écolo-bien pensante. Quelqu’un m’a un jour lancé que « les sujets RSE, il y en marre ! » et on a même osé une comparaison avec Mediapart, qui ferait sûrement beaucoup rire Edwy Plenel sous sa moustache. Il n’a jamais été question pour moi de faire du magazine d’HEC un titre militant. Son rôle, modeste, est celui d’une revue de diplômés : permettre à chacun d’avoir des nouvelles de ses camarades et de son école, découvrir de nouvelles personnalités parmi son réseau d’alumni et si possible, apprendre une ou deux choses intéressantes au passage. Mais, quelque neutre qu’on voudrait le rendre, réaliser un magazine demande de faire des choix. Et pour être cohérents, ils doivent être soutenus par une conviction. Cette conviction, formulons-la. Qu’on croie à ses promesses ou qu’on en moque les illusions, notre siècle va voir se former un « monde d’après », sous la pression de phénomènes bien plus puissants que les révolutions industrielles, les changements de régimes ou la crise du Covid.

La circulation massive de l’information numérisée est en train de répandre dans le monde, particulièrement auprès de la jeunesse, une douloureuse dissonance cognitive. Comment faire cohabiter dans une même conscience la fin annoncée de l’abondance énergétique, les périls immenses du changement climatique et les injustifiables mais croissantes inégalités sociales, avec la permanence de modèles de réussite individuelle dirigées vers l’accumulation illimitée de richesses ? Contradiction insoutenable et qui devra bien finir par se résorber. Pour le meilleur, espérons-le. Mais avec d’immenses conséquences sur les carrières, les ambitions, la vie professionnelle et personnelle des étudiants et diplômés d’HEC. L’école a affirmé son intention de jouer pleinement son rôle pour accompagner ces bouleversements. C’est ce que le monde attend de la première business school européenne et c’est ce que ses étudiants lui demandent. Nous lui avons emboîté le pas, rien de plus, en donnant un peu de lumière à certains de ceux qui, dans la communauté des diplômés, consacrent déjà de leur influence à faire avancer le monde dans le bon sens. Entrepreneurs, dirigeants d’entreprises, bénévoles, artistes ou fonctionnaires, ils font vivre des valeurs de créativité, de générosité et d’attention aux autres bien éloignées des clichés du winner arrogant encore parfois associé à HEC dans l’esprit public.

Enfin, je voudrais conclure ces cinq années par un mot sur ce « nous » parce qu’à la vérité, je ne suis pas pour grand-chose dans les qualités de ce magazine. S’il en a quelques-unes, elles sont surtout dues à une équipe et une rédaction formidables que j’ai peine à quitter. Merci donc à Lionel, Flavia, Fabienne, à tous les journalistes, illustrateurs, photographes qui ont donné à cette revue du temps, du travail et aussi un petit peu d’eux-mêmes.

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